Chapitre 1 : Enterrement_______________________________________________-Alice ! Sommes-nous obligées de faire ça maintenant ? M'entêtais-je.
Mes deux belles s½urs échangèrent un regard.
-Bella ne sois pas pénible, par ce que tu peux me croire qu'elle va te forcer sinon, rit Rosalie.
Alice rit et acquiesça. Je soufflai. Je scrutai Rose du coin de l'½il, depuis notre conversation sur sa vie d'avant, notre relation apocalyptique s'était légèrement améliorée, mais sans plus. Elle m'acceptait dans sa famille, point barre. Je lui en étais reconnaissante sans pour autant le formuler.
Soudain une main froide s'abatis sur mon épaule. Alice me fusilla du regard.
-Quoi ? Lâchai-je.
-Bella maintenant cela suffit ! On enterre ta vie de jeune fille comme Jasper et Emmett le font avec Edward. On ne compte pas te manger.
La comparaison avec le fait que ce soit des vampires ne me fit pas rire. Je m'étais montrée un peu récalcitrante envers cette soirée, mais là je n'avais rien fait.
Je lui jetai un coup d'½il interrogatif. Elle resserra sa prise autour de mon épaule.
-Je viens de te voir partir en courant –et tombant- pour essayer de te sauver du prochain magasin ! Se récria-t-elle déçue, ses yeux lançant des éclairs.
Rosalie éclata de son rire de clochette.
J'allais essayer de m'enfuir ? Où m'emmenaient-elles ?
Je grinçai des dents. Je détestais le shopping et, évidemment, mon enterrement de vie de jeune fille contenait la partie « achat inutiles d'objets inutiles ».
-Je me tiendrai tranquille, soufflai-je à contre c½ur.
-Tant mieux ! répliqua-t-elle de nouveau de bonne humeur.
Je regrettai mes paroles en apercevant notre destination cinq minutes plus tard.
-Alice ! Hurlai-je presque. C'est hors de question qu'on aille là-dedans !
Elle se retourna, tandis que Rose me lançait un regard d'excuse depuis le rétroviseur de sa M3.
-Isabella Marie Swan ! Tu ne peux décemment pas aller en lune de miel sans sous-vêtement décent!
-Tu penses réellement que des fanfreluches en dentelles et presque transparent sont décents ? Criai-je énervée.
-Oui, surtout pour une lune de miel, intervint Rosalie.
-Et ça plaira à Edward ! Il sera plus enclin te donner ce que tu veux, dit-elle triomphante.
Je serrai les mâchoires. Elles rêvaient si elles s'imaginaient que j'allai passer par la case « cabine d'essayage ». Mais j'étais vaincue, elle avait raison pour Edward. Cela m'énervait également ! Pourquoi étaient-elles toutes les deux au courant de ma demande d'une vraie lune de miel à mon amoureux ?
L'intérieur du magasin était encore pire que ce que je pensais. On y voyait comme à travers un filtre de dentelles ! Horrible !
-Bella, arrête ça, siffla Alice.
Je haussai les sourcils.
-Je viens de te voir à nouveau en train d'essayer de te sauver. Et comprends bien, « essayer ». Tu n'y arrive jamais tu tombes après une dizaine de mètres !
Rose tenta de masquer son rire en toux, sans grand succès. D'abord elle me haïssait, puis me méprisait, elle finit par m'accepter mais elle se fiche de moi à la première occasion!
Alice me montra une bonne vingtaine de modèle plus exubérants les uns que les autres que je refusais à chaque fois.
-Bella ? Qu'en penses-tu ?
Cette fois c'était Rose. Elle me montrait un beau petit ensemble en soie. Il était bleu marine pas du tout transparent (enfin !) Le bustier était en dentelle simple et élégante et le bas en dentelle sur les côtés et soie le reste. Il me plaisait.
-Enfin ! Se réjouit Alice en s'en emparant. Ca fait un ! Je t'ai vu le prendre, rajouta-t-elle en souriant.
Je restais en suite près de Rose qui me trouvait de la lingerie beaucoup moins excentrique que sa lutine de s½ur.
On ressorti une demi heure plus tard avec deux nuisette et deux ensemble. Elles s'étaient aussi pris des choses pour elles, nous avions donc une dizaine de paquets.
-C'est quoi la prochaine séance de torture ? M'enquis-je.
Elles échangèrent un coup d'½il mais ne répondirent pas.
-ok j'y vais, annonçais-je en m'en allant.
-Pas question miss ! dit-Alice hilare en me prenant par la main. Nous allons manger au restaurant et puis on retourne.
Je soupirai.
-J'ai pas faim. Et je veux voir Edward maintenant.
Elle ne m'écouta pas et me tira derrière elle. Rosalie entra première dans le restaurant bondé et demanda une table, heureusement c'était plein.
-Vous êtes sûr qu'il ne vous reste pas une place dans un coin ? interrogea Alice, aguicheuse.
Le serveur n'avait d'yeux que pour Rosalie évidemment et ne prêta même pas attention au petit lutin qui vint se poster de lui. Rosalie sourit chaleureusement, ses yeux étincelants mille feux. Le jeune homme reprit son souffle.
-Il nous reste peut-être une table à l'arrière, accorda-t-il.
Il nous trouva une table de deux personnes en et apporta une nouvelle chaise à la blonde sculpturale devant lui s'excusant du manque de place. Il nous pris une commande.
-Trois verres d'eau et... euh (elle m'observa quelques secondes) une assiette de raviolis aux champignons, annonça Alice.
Je lui lançai un regard peu amène.
-Du calme Bella, me morigéna Rosalie en souriant.
Le serveur revint une dizaine de minutes plus tard avec mon plat. Rose paraissait heureuse de l'effet qu'elle produisait et Alice était pensive. J'engloutis mon assiette et deux verres d'eau et demie.
-J'ai fini ! Rentrons !
Elles levèrent les yeux au ciel en payèrent le repas. Ce qui me gêna, comme s'ils ne m'offraient pas déjà assez dans cette famille...
Le reste de la route de Seattle à Forks se passa en silence. Rose et Alice parlaient trop bas pour mes faibles oreilles d'humaines, mais ce n'était pas grave d'ici un mois je serai comme elles.
Edward essayait chaque jour de trouver une excuse supplémentaire, ce qui me rebutait. Mais je m'entêtais à croire en cette possibilité d'avenir. Un futur éternel et merveilleux aux bras de mon vampire de mari.
La voiture stoppa à un carrefour et je vis une femme traversant la chaussée avec un chien en laisse. Un husky à en juger par son apparence lupine. Le souvenir de Jacob me frappa encore, comme chaque fois que quelque chose me rappelait son absence. Mon Jacob était parti par ma faute, je ne m'en remettrai ni me pardonnerai jamais. Je l'aimais et son absence me faisait souffrir à l'instar de cette souffrance que j'avais ressentie lorsqu'Edward m'avait quittée. Mais en moins puissant. C'était la seule raison qui faisait que la Bella d'Edward avait triomphé sur la Bella de Jacob. Jacob m'était nécessaire, Edward indispensable. Mais ce premier me manquait terriblement, jamais Forks ne m'avait semblé si lugubre sans mon soleil personnel.
Une heure plus tard je franchis les portes de la villa blanche. Seul Carlisle et Esmé étaient présents, pas d'Edward.
-Tu vois, ce n'était pas la peine de se dépêcher, conclut Alice en tirant la langue.
Je haussai les épaules et partis dans la salle de bain prendre une douche.
Je vivais à la villa depuis environ un mois. Charlie me manquait mais il fallait qu'il s'habitue et moi aussi, bientôt lui parler serait impossible parce que trop périlleux pour sa vie. Mes affaires trainaient dans la chambre d'Edward. Chacune avaient trouvées leur place, place qu'elles auraient pour tout le temps que nous vivrions ici. Plus beaucoup d'ailleurs. Ma transformation nous contraindrait à quitter définitivement la ville à cause des Quileutes.
Je me glissai sous le couvre lit doré une fois dans la chambre. Je me marierais d'ici une semaine.
Les enterrements de villes de jeune fille et de jeune homme avaient volontairement été faits une semaine en avance pour laisser la semaine complète à Alice pour m'organiser mon mariage.
Pouah ! Mariage. Un mot que j'aurais voulu ne jamais entendre me concernant. Quelle obligation ridicule. Mais elle me donnait accès à la vie éternelle et à une lune de miel. Impossible à refuser donc.
-Bella ? Susurra le ténor que j'aimais tant. Désolé de t'avoir réveillé mon amour.
Que j'aimais entendre ces mots.
-Ce n'est pas toi, le rassurais-je, je t'attendais. La journée a parut longue sans toi.
Il m'enlaça et nicha sa tête dans mon cou humant mon parfum si envoûtant pour lui.
-Tu m'as manqué, les grizzlis et les pumas n'ont pas réussi une seule fois à me distraire de ton visage qui hantait mes pensées.
Je souris.
-Alice est vraiment insupportable, me plains-je soudain.
J'allais lui dire que les magasins n'avait fait qu'accentuer mon manque de lui mais je me rappelai du comportement de sa s½ur. Vengeance, vengeance...
-Qu'a-t-elle encore fait ?
Il était énervé contre elle à présent. Je réprimai un rire.
-Elle m'a obligé à acheté de la lingerie ! Dis-je en m'empourprant.
Edward me regarda soudain dans les yeux et pinça les lèvres. Sa main frôla ma clavicule avant de tirer légèrement sur mon décolleté.
-J'ai déjà vu celui-là.
Je serrai les dents, lui repris mon vêtement et le remis correctement.
-C'est pour la lune de miel, espèce de voyeur.
Il s'esclaffa.
-Tu me rappelleras de la remercier, Persiffla-t-il.
Je me détournai et me mis à bouder. Il rit d'autant plus fort en me serrant contre lui.
-J'aimerais tellement que tu n'ais plus à te retenir quand tu es avec moi... dis-je après un moment.
-J'aime ton odeur même si elle est tentante, protesta-t-il.
-Même tu dois toujours retenir ta force pour ne pas me briser. Je suis pressée d'être comme toi, tu pourras me serrer vraiment dans tes bras à ce moment.
-Bella... Je ne...
-Arrête Edward s'il te plait, le coupais-je. Tu m'as promis.
-Je sais, néanmoins je ne peux m'y résoudre Bella. Te tuer de cette manière m'est insupportable. Jacob avait raison, je ne suis qu'un monstre, reprit-il ensuite en se détachant de moi.
Il me blessait à chaque fois qu'il parlait ainsi de lui, le fait qu'il mentionne Jake était encore pire.
-Bella je suis désolé. C'est impossible... Je ne peux pas.
-Edward je t'en prie arrête, j'ai décidé tu le sais. Nous nous marierons et ensuite tu ...
-Non.
Sa voix était dure, tranchante comme l'acier. Des larmes suintèrent de mes yeux et roulèrent sur mes joues. Pourquoi me faisait-il endurer ça ?
-Bella je t'aime, mais je ne veux pas te tuer. Reste humaine je t'en prie, plaida-t-il.
-Ca ne sert à rien de revenir la dessus, j'ai décidé. Je vais voir Carlisle tout de suite puisque tu refuses, annonçais-je en me levant.
Ses bras de fer m'emprisonnèrent la taille. Refusant de me lâcher.
-Arrête, criai-je en me débattant. Tu m'as promis Edward ! Pourquoi fais-tu ça ? J'ai accepté de t'épouser et toi tu refuse de m'accorder ce que je souhaite ?
-Tu ne comprends pas. Je me dégoute à chaque fois que je te vois, quand tu en parles... (Des larmes se déversaient en silence sur mes joues, il les essuya). Tout ça, dit-il en me montrant les larmes sur ses doigts, ne font que me rappeler à quelque point je suis un monstre. Je n'avais pas le droit de te faire ça. Tu m'aimes tellement que tu t'es persuadée que ma vie déplorable de tueur est enviable. Tu aurais vraiment du choisir le clébard !
-Tu vas me reprocher de t'aimer ?haletais-je à cause des larmes.
Il baissa la tête.
-Tu vas mourir par ma faute. Te rends-tu compte que j'aimais plus tu ne seras en contact avec des humains de façon normale ? Que jamais tu ne pourras rougir, pleurer à nouveau ? Que jamais tu ne pourras avoir d'enfant ? Je t'enlève tellement... Tu me donnes toute ta vie sans condition et j'ose encore en exiger de toi. Comprends-tu que je ne veux pas de ta vie ?
Ses mots me déchirèrent en mille morceaux. J'échappai à son étreinte –il me lâcha en fait- et me mis debout devant lui. Toutes mes craintes étaient ressurgies, il ne voulait plus de moi.
Prenant mon courage à deux mains je lui ressortis ce qu'il m'avait dit dix mois et trois semaines plutôt exactement.
-Puisque tu ne veux pas de moi, je m'en vais. Tu ne me reverras plus, je ne reviendrai pas. Ce sera comme si je n'avais jamais existé, crachai-je.
Ma blessure se rouvrit, mais je ne voulais plus faire la même erreur qu'autrefois, je l'ignorais donc.
Avec contentement, je vis son visage passer de l'incompréhension à la tristesse profonde. Ces phrases lui faisaient mal et c'était le but, il m'avait fait trop souffrir.
Dans ce même élan de rage je le regardais une dernière fois et partis sans me retourner. Quelqu'un me héla tandis que je franchissais le seuil. Alice.
-Bella ? Bella ? Au mon Dieu ! Qu'as-tu fais ? Haleta sa voix dans un tintement de clochettes.
Je me retournais et la vis me regarder sans me voir. Elle avait une vision, puissante à en juger par son air choqué. Jasper sortit.
-Alice ! Que se passe-t-il ? S'enquit-il.
-Bella ?
Je repris mon chemin, mes laissant derrière moi. Je n'étais pas encore sûre de ce que je me préparer à faire mais il le fallait. Je pris ma voiture, une Mercedes, la voiture d'avant – indestructible ou presque-, qu'Edward m'avait payée. Je fonçais vers chez mon père.
Sur la route je saisi le téléphone. Je devais l'appeler.
-Allô? Seth? Demandais-je dés qu'on eut décroché.
-C'est Leah.
Sa voix dure me rappelait à quel point elle m'en voulait.
-Tu pourrais me passer ton frère, répondis-je sur le même ton.
-Tu crois vraiment que...
Silence.
-Allô Bella? C'est Seth.
Je souris, il connaissait trop bien les sentiments de sa s½ur envers moi.
-Salut dis j'ai un truc à te demander...
-Non Bella nous n'avons pas de ses nouvelles, me coupa Seth en soupirant.
Sa façon de le dire indiquait le contraire, cependant Jacob n'était pas la raison de mon appel cette fois.
-C'est pas ça... Je voulais te demander si tu saurais passer chez moi... chez Charlie, corrigeai-je précipitamment, le plus vite possible. S'il te plait?
-Oui bien sûr. Mais qu'est ce qu'il se passe? Demanda le loup à présent inquiet.
-J'ai besoin de toi c'est une urgence. Je t'expliquerais.
Je raccrochai.
Il me rester environ deux kilomètres à faire. Mon c½ur battait la chamade, une boule m'obstruait la gorge... Tout mon corps était en alerte pour me faire réaliser ce que je venais de faire.
Edward. Je l'avais largué.
Bizarrement le monstre qui me faisait tant souffrir en moi était là, mais comme endormi. Il ne réagissait pas encore à sa perte.
Puis Seth m'avait fait penser à autre chose, à quelqu'un d'autre. Jacob. S'il savait où il était peut-être pourrait-il me le dire et j'irais le rejoindre.
Non! Je ne pouvais m'y résoudre j'aimais encore Edward malgré que lui me rejette. Plus tard, nous verrons. Je devais partir ailleurs, quelque part où j'obtiendrais ce que je veux.
Je voulais Edward. Or pour l'obtenir, ou en tout cas en avoir une chance, j'étais trop faible.
La frêle humaine voulant séduire un Dieu. Tel Éros et Psyché. Lui était beau et fort, et combattait sa nature pour être avec celle qu'il aime. Sauf qu'il ne m'aimait plus comme tel et que je n'étais pas aussi belle que Psyché. Mais j'avais la même volonté. J'irais vers le danger, vers l'enfer, si j'avais une seule chance d'obtenir mon paradis.
Un coup à ma fenêtre me fit sursauter. Je devinais facilement que c'était lui, j'appuyais sur l'accélérateur sans le regarder.
-Bella, je t'en prie... Laisse-moi entrer. Je suis désolé... Je ne voulais pas dire cela comme ça, supplia-t-il.
Je serrai mes mâchoires. Il ne voulait pas me le dire comme ça? Très bien! Il ne me dirait plus rien.
Je n'en revenais pas! Il s'y était pris de la mauvaise façon pour me dire qu'il voulait plus de moi? Mais qu'il s'en aille dans ce cas! Voulait-il vraiment que je me déchire complètement?
-Bella ne me demande pas de m'éloigner...Je t'aime.
À d'autres! Je grinçai des dents et attendais que les larmes obstruent ma vue, mais je ne pleurai pas.
J'accélérai encore plus, il me restait un pâté de maison à parcourir. Seth serait déjà là avec un peu de chance.
J'avisai ma maison, Edward courant toujours près de ma voiture. Seth était là.
En y réfléchissant, il appréciait Edward; c'était Sam que j'aurais du appeler!
Je me garai, Edward ralenti et salua vivement Seth en passant.
-Je reviens Seth, attend moi, dis-je seulement en filant à l'intérieur.
Edward fut soudain devant la porte, presque collé à moi.
- Va-t'en! Lançais avec toute la haine que je pouvais trouver.
- Bella, regarde-moi. Je suis désolé.
Hors de question que je le regarde, il me ferait changé d'avis. Heureuse qu'il ne puisse pas lire dans mes pensées, je me mis à crier.
-Papa!
Je sentis Edward se raidir. La porte s'ouvrit.
-Bella? Que se passe-t-il? Demanda-t-il affolé.
- Laisse-moi entrer! Lui dis-je tout bas.
Il s'écarta, figé, meurtri par mon attitude. La bête en moi se réveilla enfin. Mais elle ne me blessa pas, elle s'enragea encore plus. Je claquai la porte au nez d'Edward.
-Bella? Pourquoi tu...
-Je m'en vais papa. Tu m'avais demandé de te prévenir, je le fais. Je passe juste prendre quelques affaires avant de partir et te dire que tu me manqueras énormément.
J'avais dit tout ça calmement, sur un ton neutre et détaché. Vraiment étonnant. La bête en moi était comme mon alliée à présent.
Mon père se dirigea vers la porte d'un pas décidé.
-Je vais dire un mot à ce qui te sert de Fiancé, lança-t-il.
La bête s'énerva et rugit.
-Il ne l'est plus! Il est là pour me convaincre de rester mais je ne veux plus, je pars c'est décidé.
Il se retourna vers moi, pas dupe.
-Ne me crois pas si tu veux. Tu verras par toi même qu'il sera en ville et pas moi. Je le quitte, c'est fini.
Le monstre grogna d'allégresse. Le fait de l'exprimer me soulagea. Bizarre.
Je montai dans ma chambre prendre ma carte de crédit et deux ou trois petites choses, comme mon passeport. Il était déjà là.
-Bella... soupira Edward en me prenant dans les bras froids.
La bête grognait, furieuse.
Son étreinte se resserra, je fermais les yeux. Quoi qu'il arrive je ne devais pas voir ses prunelles.
-Je t'aime Bella... Ne part pas s'il te plait.
Les mots étaient plaisants à entendre, je faillis m'y laisser prendre. Je devais faire attention: il savait mentir. N'étais-ce point lui qui me l'avait dit?
-Bella...
Il passait sa main derrière ma tête me pressant contre lui. Puis, doucement, il rapprocha ses lèvres des miennes. Un dernier baiser.
Je gardais les yeux fermés et déposa un léger baiser sur ses lèvres dur comme la pierre et douce comme le satin. Son haleine m'effleura mais ne m'étourdis pas comme d'habitude. Je résistais.
Je détournai la tête et me débattis sauvagement jusqu'à ce qu'il me relâche.
-Je pars.
-Non, supplia-t-il se mettant carrément à genoux en me tenant la main. Pas ça... Je t'en prie.
Je serrais les mâchoires et haussa les sourcils en me dégageant de sa main.
-Vis ta vie, Edward. Je ne m'en mêlerais plus.
Sur ce, je le laissai en plan, recroquevillé sur le sol de ma chambre, une expression à faire pleurer n'importe qui. Sauf moi.
Les rôles étaient étrangement inversés. Je le laissais en plan en lui disant les mêmes phrases qu'il m'avait martelées à l'époque. J'étais aussi froide qu'il avait pu l'être. J'espérais que s'il lui restait un temps soit peu d'amour pour moi, il souffrirait.
Le sac sur le dos, je descendis les marches et pris mon père dans mes bras.
-Tu vas me manquer, papa. Je t'aime. Ne l'oublie pas, je ne sais pas quand nous nous reverrons. Et surtout ne te sens pas responsable, tu n'y es pour rien.
J'ouvris la porte et sortis rejoindre Seth.
-Bella où iras-tu? Demanda mon père en me suivant dehors.
-Je ne sais pas encore, mentis-je.
Il dévisageait Seth et moi à tour de rôle.
-Tu pars avec lui?
J'éclatai de rire.
-Non, bien sûr que non. Je voulais juste qu'il m'accompagne, avouai-je. J'ai quelque chose à lui demandé à propos de Jacob rien de plus.
Mon père acquiesça.
Un mouvement derrière lui retint mon attention. Edward était appuyé contre la façade. Il avait besoin de se soutenir apparemment. Nos regards se croisèrent, et je vis dans ses prunelles la douleur, le manque. C'était un bon comédien.
J'embrassais mon père et montai dans la voiture avec Seth. Je démarrai.
-Bon que se passe-t-il? Demanda-t-il enfin, réellement inquiet.
.-Seth il faut que je te dise quelques petites choses et ne m'interromps pas s'il te plait.
-Très bien.
-Je viens de quitter Edward. Et je ne veux pas qu'il me retrouve. J'ai besoin que tu reste près de moi jusqu'à ce que mon avion décolle. Alice ne sais pas ce que je fais comme ça. Et puis j'ai une requête. Ne dites pas à Jake que je suis partie. Je finirais par revenir, un jour. Mais j'ai d'autres choses à faire. Acceptes-tu de m'accompagner et m'aider à fuir les Cullen?
-Oui, bien sûr. Mais je ne comprends pas... Pourquoi? Et où vas-tu? S'énerva-t-il.
Je soupirai, je ne savais pas si je pouvais lui en parler.
-Seth. Tu sais que je veux devenir Vampire?
-Oui bien sûr, dit-il en haussa les épaules.
-Edward refuse de me transformer. Il m'a dit qu'il ne voulait pas de moi dans sa vie et que...
-Tu l'as bien regardé ce soir Bella?
-Oui.
Mensonge. J'avais tout fait pour ne pas croiser son regard que j'imaginais incandescent, persuasif et désormais torturé.
-Il s'en veut. Il t'aime Bella.
-Ça suffit.
Nous venions d'arriver devant l'aéroport. Je me dirigeai vers le guichet et me renseignai sur les horaires. Je pris le premier vol.
-Où vas-tu? S'enquit Seth.
-En Italie.
Son expression de désarroi complet me rappelait Mon meilleur ami.
Le monstre en moi gémit de tristesse.
Une larme roula le long de ma joue tandis que le Quileute me prenait dans ses bras. Son étreinte chaude ranima des souvenirs en moi. Des souvenirs avec un garçon, un homme, que j'aimais. À l'instar de ce qui s'était passé quelques temps auparavant, je me mis à hésiter. Deux futurs, deux âmes-s½urs. Laquelle choisir? Si je continuais ma route et partais pour me transformer en Vampire dans le but de pouvoir convaincre Edward que je l'aimais plus que tout, je perdrai définitivement Jacob. Si je demandais à Seth où il était, et partais rejoindre mon loup, je vivrai une belle vie, j'aurais des enfants, je serais heureuse au côté de Jacob. Je ne pourrais certes plus côtoyer Edward mais je ne le répugnerai pas non plus. Mais je finirais par mourir de ma belle mort. Bien sûr j'aurais eu une vie magnifique...
Je secouai la tête pour chasser ses pensées. En vain. Éternité était tentante. Toutefois rien ne me garantissait que, après avoir réussi à devenir un être beau et indestructible, Edward me reprendrai. Alors qu'avec Jacob j'en étais persuadée.
Je ne savais plus quoi faire.
-Comment va Jacob? Demandai-je finalement.
Seth resserra son étreinte. Réticent.
-Il va bien. Enfin je crois. Il a décidé de prendre sa forme de loup définitivement, avoua-t-il à contre c½ur.
Je soupirai, agitée par un nouveau sanglot. Jacob avait changé de vie. Je ne le reverrais plus jamais si je n'y allais pas dès maintenant.
Edward avait changé d'avis à mon sujet et Jacob était devenu loup définitivement. Quant à moi je ne savais plus. J'avais changée, j'étais plus autonome, plus forte. Notre triangle amoureux s'était rompu. Jake était parti à cause de moi et Edward ne voulait plus de moi. Que faire? Ma vie s'était évanouie en quelques semaines. Je devais recommencer ma vie.
Je soupirai une nouvelle fois, mais j'avais résonné. J'étais décidée. Je changerai de vie comme eux l'avait fait.
Un changement à cent quatre vingt degrés. Mais pas en tant qu'humaine.
-J'y vais, lâchais-je à regrets.
Mon vol venait en fait d'atterrir, nous étions appelés à embarquer. Seth me serra contre lui une dernière fois et m'embrassa le haut de la tête.
-À bientôt...
-Je ne crois pas non, soufflais-je. Au revoir Seth.
Je partis la bête ressurgit plus forte et déterminée que jamais.
Je ne tardais pas à monter à bord de l'avion. Une fois installée dans mon siège, je me mis à prendre une foule de décision. Il fallait que je tienne une journée complète ainsi. À chaque pas persuader mon esprit qu'au prochain je ferais demi-tour pour rejoindre Jacob. Voilà qui devrait empêcher Alice de voir mon avenir.
Edward m'avait souvent dit que si je ne voulais plus de lui, il me laisserait tranquille. Il était maintenant clair que lui même ne voulait plu de moi. J'espérais vraiment qu'il ne me suive pas par orgueil. Ou sa famille. C'était le seul à avoir choisit. Alice aurait apparemment beaucoup de mal à l'accepter, ce qui me fis de la peine. Je l'avais compris lorsque j'avais vu son expression lors de sa vision. Quant aux autres membres je ne sais pas. Esmé me manquerait, Emmett et ses blagues également. Carlisle, Jasper et Rosalie aussi mais j'étais moins proche d'eux. Je regrettais déjà ma nouvelle bonne entente avec Rose car elle était déjà évanouie à mon avis.
Mais après tout leur race se laisse facilement distraire, non? Ils s'en remettront. Si souffrance il y a, s'entend. Ce dont, Alice excepté, je doutais fortement.
“Comprends-tu que je ne veux pas de ta vie ?” Cette phrase avait tout changé. Il ne voulait plus de moi. Et c'était désormais réciproque.
Le monstre acquiesça.
Plus d'Edward, plus de souffrance. Plus d'humanité.
Je m'exhortai mentalement de cesser de me tourmenter. Je venais de tirer une croix sur ma vie, il n'avait rien à regretter.
Mon nouveau futur était tentant pour bien des gens. Mais ce n'était pas un monde ouvert à tous. Heureusement, là-bas, une personne était fascinée par moi. Par mes aptitudes que je ne connaissais pas bien mais qu'il m'aiderait à amplifier. La vie éternelle. Un clan où j'étais convoitée. Que demander de plus?
Je m'imaginais pouvoir refaire ma vie parmi eux, trouver l'amour, peut-être. Il était sot d'espérer un sentiment assez fort pour concurrencer celui que j'avais eu pour Edward et Jacob, mais un amour reste un amour. Des amis, également. Une vie.
J'espérais franchement que les vampires italiens m'offriraient cela.
Je me calai confortablement dans mon siège de deuxième classe. Doucement je me calmais, entrevoyant réellement la possibilité que ma vie prenne ce tournant et que je me faisais pas de faux espoirs. Je sombrais paisiblement dans un de mes derniers sommeils. Bientôt dormir me paraîtrait totalement obsolète. Je souris et m'endormis.
Volterra serait ma nouvelle demeure, mon terrain de jeux.
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