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Bella-V-Swan

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Bella-V-Swan

Description :

_____________
Fiction Achevée
Juste un grand merci... je repasse rarement, mais cela fait toujours un grand plaisir de voir que ce blog est toujours visité, que des commentaires sont laissés... Retrouvez-moi sur fanfiction.net... (redblackheart) À très bientôt !!!!!!!!
_____________

Edward a rejetté Bella une nouvelle fois. La raison? Personne ne le sait. Bella a sa théorie : il ne veut plus d'elle. Bordée par cette idée, elle sera plus forte que jamais et ira mener une autre existance.
Jacob ou Edward?
Et s'il existait une autre option à laquelle elle n'avait jamais penser jusqu'alors? Sans Edward, sans Jacob. Mais l'éternité malgré tout. Oui, elle a choisit consciemment sa voie. Elle sait où elle ira et sait même qu'elle s'y plaira.
Mais a-t-elle raison? Edward ne veut-il plus d'elle? A-t-il réellement parler trop vite comme il le prétend? Existe-t-il une autre explication?
Et que ferais-t-elle? Elle n'est plus si seule après cinq ans loin des Cullen...


BONUS :
http://B-V-S.skyrock.com



→PUB: Acceptées,
suivie rarement.
→TAG: Refusés.
→AMIS: Acceptés.
→COMS: Acceptés.
→CHIFFRES: Refusés.




STATISTIQUES:
¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯
[ Dim 13/09/2009
=> 579 visites ! ] o.O <3


PAUSE (5, 181)
Avril 2010 : 4, 715
Mars 2010 : 5, 082
Février 2010 : 5, 356
Janvier 2010: 6, 699
Décembre 2009: 7, 676
Novembre 2009: 9, 134
Octocbre 2009: 10, 547 !
Septembre 2009: 10, 531
Aout 2009 : 6,854
Juillet 2009: 6,620
Juin 2009: 5,718
Mai 2009: 7,377
Avril 2009: 5,892
Mars 2009: 1,296

→560 Fans [Merci !]





MESSAGE AUTEUR :
¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯
Merci de me laisser une trace de votre passage =) Si vous lisez, merci de me laisser un commentaire. Cela encourrage forcément et cela m'aide à voir si ce que je fais vous plait.
Loredana.

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#Posté le jeudi 30 avril 2009 15:49

Modifié le mercredi 21 juillet 2010 17:15

Chapitre 14_______________________________________________

Chapitre 14 : Emportements_______________________________________________
FELIX VOLTURI


Bella, Bella. Bella, Bella.
Son nom résonnait dans mon corps, dans chaque particule me composant, depuis cinq. Il avait rempli de manière inaltérable le vide que mon c½ur mort avait laissé lors de sa perte. Et au rythme qu'il avait avant, j'entendais le nom de celle que j'aimais définitivement plus que n'importe quelle autre.
Je ralentis ma marche, pensif.
Sans savoir comment tout cela c'était produit, je savais indéniablement que j'étais heureux et que si c'était le cas, c'était grâce à elle. Cinq ans auparavant je l'avais embrassé pour la première fois. Un baiser chaste sur la commissure de ses lèvres pleines et si chaudes à l'époque. Je n'aurais su décrire ce que j'avais ressentis alors :

-Félix ?
-Oui, Bella...
Était –elle incapable de se taire ? Déjà que je devais supporter sans broncher les cris doucereux et envoutant de son c½ur, si elle se mettait à parler... elle m'envoutait de son haleine... de son odeur.
Edward Cullen était un idiot. Autant de ne pas l'avoir tuée et d'avoir failli se suicider pour une humaine, aussi attachante soit-elle ; mais encore plus de l'avoir laissé partir. S'il l'aimait, pourquoi ? Enfin l'amour était une chose incompréhensible, c'est vrai, mais quand même !
Soudain quelque chose de très chaud effleura mes lèvres. Chaud... tendre... J'ouvris les yeux. Était-elle folle à lier ? Me dessiner les lèvres du bout des doigts ? Je dus arrêter de respirer – Aro m'en voudrais si je la tuais.
-Tu aimes les risques, soufflais-je.
Elle ne disait rien. Levant les yeux, j'aperçus que les siens étaient dans le vague. Je me remis à respirer, appréciant le goût que son doigt avait laissé sur mes lèvres... Si tentant. Oui, je voulais plus, tellement plus. Je m'approchais de son cou, le fixant complètement hors de moi. Elle n'eut même pas un mouvement de recul, c'est cela qui m'arrêta. Et ces lèvres qui tremblaient. J'étais si près que je ne pus m'empêcher de les gouter. Oui, juste un simple pressement de mes lèvres contre la commissure des siennes... Son odeur m'envouta, son gout... Un sentiment de chaleur indescriptible.
Plus tard, après qu'on ait décidé que je serais son oméga – c'est-à-dire, celui qui signerait sa fin, la transformerait – on était repartis dans sa chambre avec Heidi. Pourquoi moi ? C'est vrai nous étions si nombreux...
Je n'avais pas pu, j'avais été incapable de résister à l'appel de ses lèvres et de leur sensation de chaleur avant de la mordre.
Etonnée d'abord, elle me rendit mon baiser (risquant au passage de provoquer sa mort vu son enthousiasme face à mon appel avait été vif). Un frisson traversa son corps et le mien. Alec et Heidi partirent – j'avais oublié leur présence.
-Désolé de t'avoir embrassé, commençais-je, j'étais curieux de l'effet que faisait un humain sur nous. Ce n'était pas fair-play.
Je me sentais mal, c'était quasiment du viol non ?
-En effet, mais je ne t'en veux pas du tout. Y a-t-il des différences avec... ton espèce ? Demanda Bella.
Elle avait l'air triste et à la fois curieuse... étrange humaine.
-Non, si on veut... Répondis-je avant d'avouer, car moi-même je me posai la question : Ca dépend de la personne je pense.
-Je vois.
-Bella fais moi confiance, fis-je en m'approchant. Si je te blesse, je t'autoriserai à me frapper d'ici trois jours.
Elle me sourit. Oui, si je la blessai elle pourrait me faire mal, très mal si elle s'en sortait. Et elle devait s'en sortir. Je devais l'embrasser à nouveau pour m'assurer que le frisson qui m'avait parcouru n'était sinon le fruit de mon imagination, dut à la chaleur de ses lèvres.
Je l'enlaçai profitant d'une chaleur qui la déserterait bien vite. Je n'avais pas 'habitude de ça. Je la mordis, elle soupira de douleur.
Sans me préoccuper de ses cris et de ses convulsions, je m'abreuvai.
Heidi m'arrêta quelques fractions de secondes avant que je la tue. In extremis.


J'étais étendu contre un mur du château me remémorant ces souvenirs. Était-ce à ce moment que j'avais compris l'aimer ? Lorsque j'avais eu si mal en me rendant compte que j'avais failli la briser ? Non, bien sur. C'était trois jours après ca. Lorsque je l'avais prise dans mes bras pour la réconforter :

-Tu as un don particulier Félix? Demanda Bella, la curiosité incarnée.
Nous étions dans les bois testant pour la première fois ses nouvelles aptitudes. Elle était impayable avec ses questions.
Moi ? Un don ? Je me rappelais un jour ce qu'Heidi m'avait dit en voyant Giana, la nouvelle stagiaire, s'empourpré en me voyant lui faire un simple clin d'½il. Je m'esclaffai sans retenue.
-Mise à part faire tomber toutes les filles? Dis-je en me remettant de mon rire. Non. Je sais c'est rare qu'un Volturi n'ait rien d'exceptionnel.
-Tu fais tomber toutes les filles? Railla Bella, pas dupes.
Saurais-je la faire craquer ? Elle, parmi tant d'autres qui m'avaient courtisée et les quelques unes à qui j'avais cédé?
Je me retournai en vrillant mes prunelles dans les siennes. Ses yeux semblèrent se vider de ses doutes... Je continuais dans mon trippe.
-Il paraît. Je ne sais pas en fait, c'est ce qu'on m'a dit, soufflai-je, tu en penses quoi?
Elle avait l'air si perdue...Je ris pour détendre l'athmosphère qui s'était considérablement alourdie depuis qu'elle fixait mes lèvres. J'allais l'avoir, la ravir à Edward. J'allais gagner.
-Notre espèce se laisse facilement distraire, tu n'es qu'un moyen parmi tant d'autres, répliqua-t-elle soudain.
Je ris. Elle était tellement naïve.
Elle paraissait à nouveau perdue, lointaine. Je la poussai doucement et nous reprîmes notre course. Elle brisa le silence au bout d'un moment.
-Quel jour sommes-nous? S'enquit-elle.
-Le treize août. Pourquoi? Répondis-je machinalement.
Elle stoppa brusquement et je dus revenir en arrière. Son visage me troubla, il était décomposé. Triste.
Je lui frictionnai l'épaule doucement. Elle ne réagit pas, fixant un point au-delà de moi.
-Qu'y a-t-il? Demandai-je, inquiet pour de bon.
Avais-je dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?
Ses yeux transpercèrent d'un coup les miens. Me coupant le souffle à cause de la douleur qui en suintait.
-Je devais me marier aujourd'hui, lâchait-elle d'une voix blanche.
Je soupirai doucement. Ma respiration était hachée, je ne comprenais plus. Pourquoi, et comment, Edward avait-il osé lui faire subir ca ?
Elle tanguait sur ses pieds face à moi, et, instinctivement, je la pris dans mes bras.


Oui, c'était à se moment là que la flèche de Cupidon avait réussi à entamer mon c½ur pour la première fois. Comme un nouveau venin émanant de la pointe acérée qui détruisait mon c½ur, il s'était rependu en quelques secondes décisives pour se figer en moi à jamais. C'est aussi à ce moment que je m'étais mis à détester Edward plus que n'importe qui d'autre sur terre. Jaloux moi ? Si ce n'était que ca...
Je me relevais, évitant les images qui me traversaient datant de notre premier vrai baiser sous la pluie à la dernière nuit que nous avions échangée.
Je devais aller parler à Edward. Je n'étais pas idiot, je savais qu'il l'avait embrassé bien sur. Mais je ne suis pas assez simple d'esprit pour ne pas savoir que si je m'en étais pris à lui, j'aurais perdu ma douce. Il régnait pour l'instant un statu quo étrange que j'allais m'empresser de briser.
Sauf que, en arrivant je vis Bella monter avec Jacob. Et Edward sourire étrangement ensuite.
Non, je n'allais pas le voir maintenant. Je n'allais pas exprimer ma haine sans en avoir le droit.
Edward devait mourir. Mais pas n'importe comment. Très vite, certes car il n'allait pas tarder à me la reprendre. Et le pire c'est que je n'en voulais pas à Bella. Elle avait toujours été inapte à lui résister, et j'avais été tout aussi incapable de l'éloigner de nous malgré mes pensées salaces pour le blesser.
Je partis voir Aro. J'avais une nouvelle requête à lui présenter : La mort d'Edward.
Je me mis en route jusqu'au bureau d'Aro. Il ne me fallut que quelques secondes pour y arriver et je remarquer que j'y étais attendu. Pas par la bonne personne.
-Tu ne feras pas ça, je te préviens.
Le petit vampire face à moi semblait déterminé.
-Et dis donc, scrute dans ta tête l'extralucide, tu verras que je vais le faire.
Je lui décochais un clin d'½il et la poussa de mon chemin. Alice se passa sous mon bras et me propulsa contre le mur en grognant méchamment. Joignant mes grognements aux siens, je la repoussais à nouveau.
-Ne me touche plus.
Et je la poussai à l'autre bout du couloir. Elle ne semblait pas prête d'abandonner certes, et je voyais bien sur son visage d'elfe, sa détermination inaltérable. Je la repoussai encore et encore, et malgré la force que j'y mettais, la petite Cullen gardait les lèvres serrées, insensible à la douleur.
Puis, enfin, je compris. Elle anticipait chacun de mes coups, retombait correctement : elle voyait à l'avance ce que j'allais faire. Et je mis quelques secondes supplémentaires à comprendre pourquoi elle subissait mes coups alors qu'elle pouvait sans mal les éviter : Alice souhaitait gagner du temps.
A peine la solution était elle apparue dans mon esprit, que la repoussais et partis à l'opposé du couloir pour aller trouver Aro.
J'arrivai devant la porte et même si j'aurais aimé entrer, et ainsi gagner, je savais que je devais attendre l'approbation de mon maître. J'allais frapper à la porte quand deux mains m'immobilisèrent. J'eus à peine le temps de réagir. Je sombrais dans un état semi-léthargique.
-Tu ne feras pas ça, chuchota furieusement une voix.
Alice avait donc appelé à l'aide. Et pas n'importe qui, elle savait qu'il arriverait et m'avait distrait le plus possible. Il resserra son étreinte. Jasper.
C'était un des seuls dans tout le château (Edward, Alec et Jane exceptés) qui avait les moyens de me tenir tête. Il était rusé, expérimenté, mais probablement pas assez fort.
J'étais assez vaniteux pour m'imaginer que seule une combinaison des trois frères Cullen aurait pu me détruire. Je me sentais à la fois très fort et faible. J'étais capable de le tuer, je le désirais, même.
J'allais le faire. Jasper suivi d'Emmett et enfin... Enfin Edward. Lorsqu'il aurait souffert de la mort d'une partie de sa famille, qu'il aurait souffert de se sentir responsable.
« Se sentir ». Je sentais l'envie de tuer, la supériorité...
Je le sentais... mes neurones en activités s'escrimaient à me crier que je ne les pensais pas. Je devais réfléchir. Mais réfléchir à quoi? Pourquoi? Mon instinct était plus fort que tout.
A peine une seconde s'était écoulée et je sentais l'étreinte de Jasper se resserrer autour de moi, à deux doigts de m'étêter. J'aurais du réagir; lui faire mordre la poussière... le tuer, l'écarteler...
Mais non, bien sur. Il était rusé, mais je n'étais pas idiot non plus. A l'instar de sa femelle, il utilisait à merveille ses capacités sur moi. Je me sentais fort, invincible. Mais je ne l'étais pas. Je devais convaincre mes sens et réflexes.
-Non ne dis...
-Aro !
Alice et moi avions parlé en même temps. Mais mon maître sorti. Observant Jasper et ses longs bras désormais autour d'Alice, il haussa les sourcils.
-Il y a un souci, peut-être ? S'enquit-il poliment.
-Félix est un lâche, minauda Alice.
Je haussai les épaules, feignant l'indifférence.
Je comprenais évidement leur démarche. Si j'avais écouté ce sentiment que Jasper faisait naître en moi, si j'avais attaqué comme me l'avait dicté mes sens, j'aurais été décrédibilisé face à Aro. J'aurais même signé mon arrêt de mort en leur offrant une possibilité idéal et unique de « se défendre ». Et j'étais assez sain d'esprit à présent pour savoir que, contre eux deux réunis, j'aurais perdu.
-Aro je peux te parler, en privé ? Fis-je en mettant en emphase mes dernières paroles.
Il acquiesça, toujours pensif. Il devait se demander se qu'il s'était passé et voulait savoir. Je devrai lui dire. Ca ne pouvait que m'aider tout compte fait. Alice venait de m'offrir plus que je ne l'avais espérer sans le savoir.
Lorsque j'entrai dans le bureau, j'aperçus vivement les mâchoires de la Cullen se serrer férocement.
Elle avait du avoir une vision sur le dénouement de l'entretient. Est-ce que cela plaidait en ma faveur comme semblait l'indiquer ses traits ?
-Alors que se passe-t-il, Félix ?
Je pris une respiration inutile.
-J'aimerais avoir la possibilité de tuer Edward dans un combat d'égal à égal.
Un vampire n'était jamais surpris, ou de manière extrêmement rare. Aro, encore plus rarement que les autres. Pourtant, sa mâchoire se décrocha l'espace d'un quart de seconde. Sans plus attendre je lui tendis mon bras. Et il vit.
Tous mes arguments étaient impeccables. J'avais pensé à tout. Edward ne serait pas vraiment utile en Russie : Aro savait déjà lire dans les pensées. Certes pas à distance, or grâce à Bella nous n'avions pas réellement besoin de distance. De plus, seule Alice, voire potentiellement Jasper, pouvaient se révéler utiles. Alice prévoyait l'avenir, c'était là un don sans pareil. Jasper n'était pas utile mais c'était vraiment une personne rusée et son don était hors du commun. Aro ne voudrait pas le gâcher, je le savais. Edward devait mourir. Tout d'abord il avait des alliances dangereuses avec les loups-garous, ensuite, Edward convoitait Bella de manière dangereuse. Si dans un sens cela me concernait, Aro ne souhaitait voir partir son meilleur atout dans un clan opposé et déjà probablement aussi puissant à cause des loups. Un clan qui serait bien plus puissant encore, voire indestructible, grâce au don de Bella. Et puis Edward qui lisait si bien dans les pensées en aurait tôt fait de comprendre la vraie raison de Bella ici, et je doutais fortement qu'Aro veuille déclencher une guerre sur son territoire.
Mes arguments étaient conséquents et s'arrêtait sur ce dernier point : la véritable raison de la présence de Bella ici.
-Depuis quand es-tu au courant, Félix ? Demanda Aro d'une voix blanche, lorsqu'il eut finit.
Cela n'avait pas pris plus de trois secondes.
-Je ne suis pas idiot, Aro. Il est vrai que je me pose beaucoup de questions sur comment c'est possible. Mais je ne t'en veux pas. J'aime réellement Bella. Tout n'est pas qu'illusion.
Soudain, il sembla un peu mal alaise. Mais eut tôt fait de rediriger la discussion.
-En outre, tes arguments sont... conséquents, lâche-t-il.
Fier de moi, j'acquiesçais. Il n'y avait rien à redire : je souhaitai un duel, non une mise à mort.
-Je ne pense pas pourvoir te le refuser.
-Maître, je vous en serais éternellement reconnaissant.
-Sauf si tu perds.
Je balayai l'argument d'un geste désinvolte.
-Je ne le considère pas ainsi, d'égal à égal, je l'emporterai.
-Qu'entends-tu par là ?
-Je ne suis pas fou. Edward battrait la majorité de nos comparses. Grâce à sa capacité de télépathe.
Aro semblait à la fois subjugué et étonné. Se rendait-il compte que la jalousie, nous faisait entrevoir les pires scénarios mais également les mieux ficelés ?
-Et comment escomptes-tu... fit-il perplexe.
-Bella est a même de me protéger de la télépathie d'Edward, vous n'êtes pas sans le savoir.
Je m'émerveillais moi-même de mon plan : si bien huilé, que je ne pouvais pas courir à ma perte. Celle d'Edward, en revanche, semblait atteindre son apogée.
-Je ne peux que t'avertir d'une chose : Bella risquerait de refuser. Elle devinera sans mal que, ce faisant, elle tuerait Edward. Félix, réfléchis-y.
-Oui, or, je connais une personne au château qui a déjà réussis à l'éloigner d'Edward et je suis sur, qu'avec un peu de ruse, cela marcherait à nouveau bien que l'esprit vampirique de Bella soit plus puissant.
Je sentis, dans le regard que mon maître me porta, qu'il commençait à entrevoir avec moi ma réussite.
-Quand veux-tu ce duel ?
-Le plus tôt possible évidement. Mais je ne suis pas sans savoir qu'il faut faire cela correctement, sinon, jamais au grand jamais, vous n'obtiendrez le soutient d'Alice pour la suite. Et pour éloigner Bella d'Edward, il faudra plus qu'une heure ou deux. Et un bon prétexte pour qu'elle se sorte son bouclier de la tête.
-En effet. Félix, ton plan a du bon et est censé au dessus de l'imaginable. Je vais tenir conseil avec Caius et Marcus mais je ne doute guère qu'ils seront en accord avec cela. Il faut également que je parle à Jane, rajouta-t-il avec un air sous entendu. Va voir Bella, occupe-toi d'elle. Je la veux dans la salle du festin à minuit précise ; de mon côté je m'occuperai de Chelsea.
Sur ces mots, je sortis. Je disposais d'une paire d'heure pour profiter pleinement de ma belle. En allant la rejoindre, je tombais sur Edward. Je pris bien garde à mes pensées en les entourant d'images qu'il n'aurait sans doute pas voulut voir, mais qui, de mon côté, me pressaient de rejoindre Bella.
-Alice a eu une vision, me fit Edward.
-Tant mieux pour elle, répliquais-je.
-Les loups n'étant pas concernés elle a vu que tu convainquais Aro à propos d'un... duel ? Bien sur, la présence des loups ce jour là l'empêche de déterminer l'issue du combat. Cependant je sais, Félix, que je ne perdrais pas.
-A ta guise, si tu as fini tes lamentations sur tes fausses croyances, tu permets je vais rejoindre ma fiancée, souris-je sadiquement.
Je m'élançais dans les escaliers, pour rejoindre Bella. Devant la porte de la chambre, je fus violement plaqué contre le mur par un Edward révulsé de haine.
-Tu ne me fais pas peur, cracha-t-il en m'écrasant la gorge contre la paroi du mur. Je le repoussai. Ne la touche pas, elle m'appartient.
Le venin m'emplit la bouche, mais je ne pouvais répliquer. Je ne pouvais lui faire de mal maintenant si je souhaitais préserver au mieux mon couple avec Bella. Je me détournais légèrement en mettant ma main sur la poignée. Il avait soufflé à voix basse ses avertissements, et je l'imitais pour ne pas être entendu par Bella.
-Tu n'as aucun droit sur elle, mais crois-moi, si tu as besoin d'une démonstration scrute mes pensées d'ici cinq minute. Ou tends l'oreille. Je ne suis pas sur que Bella aimerait te savoir voyeur, mais bon.
Il serra les dents rageusement et un grondement sourd naquit dans sa poitrine.
-Tout doux, faudrait pas que tu mordes, plaisantais-je en lui claquant la porte au nez.
A l'intérieur je trouvais Bella effondrée par terre.
-Chérie ? Mon dieu qui a-t-il ? Demandais-je en me jetant près d'elle.
-Rien.
Sa voix était faible, ses yeux dans le vide complet.
Ses cheveux noirs s'étendaient partout autour de sa tête. Elle était couchée sur le flanc, recroquevillée sur elle-même. Je remarquais que la pièce empestait le chien, mais l'ayant vu monter avec Jacob, je m'y étais attendu.
-T'as-t-il fait du mal ? Murmurais-je avec un élan de fureur tel que je failli me relever et partir égorger le coupable.
Bien que le sang animal ne me tente guère, en cet instant, je me voyais penché sur le coup du Quileute, le saignant à blanc. Ou lui écartelant lentement les membres. Ou l'immobilisant et le mordant, pour voir le venin agir et le tuer. Mon instinct meurtrier avait fait le tour de mille possibilité plus cruelle les une que les autres en l'espace d'une seule seconde. Une seconde nécessaire à Bella pour démentir cela : Jacob ne lui aurait jamais fait de mal.
-Alors pourquoi es-tu si bouleversée mon amour ?
-Disons qu'en essayant « de me faire ouvrir les yeux » comme il l'a dit, il m'a blessé mais pas intentionnellement.
-Ouvrir les yeux... soufflais-je malgré moi... Tu sais de quoi tu aurais besoin là maintenant tout de suite ?
Je la relevais doucement, sans difficulté évidemment. Doucement, je l'étreignis, terrifié à l'idée seule de pouvoir perdre un jour ce genre de contact avec elle.
-De quoi ? fit-elle en retrouvant un peu de gaité dans ses yeux bordeaux vif.
-D'une bonne douche.
Le bordeaux devint soudain très noir. Bien sur elle voulait, elle ne pourrait pas le nier. Sans attendre autre accord, je la pris tendrement dans mes bras et nous emmena tous deux sous l'eau bouillant de la douche.
Elle risquait de me détester quand je lui demanderais de protéger mes pensées lors du duel que je lancerai à Edward. Et je voulais faire la paix avec ce corps que je connaissais trop bien. Je voulais nous réconcilier avant même que nous soyons en conflit. Mais, si mon plan marchait comme il était prévu, nous ne le serions jamais.
Je lui embrassai chaque partie du corps que je déshabillai. Lui offrant par mes gestes tout l'amour que je lui portais. Elle me le rendit, bien sur. Mais je sentis la réticence infime au début et cela me fit peur. Je failli suffoquer de craintes mélangées et de haines cachées. Aussi, lorsqu'elle se donna à moi, se fut plus une sorte de soulagement mêlée à un incompréhensible manque d'elle que je ressentis à la place de tout désir et plaisir.
Il fallait vraiment qu'Edward meurt. Ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'il ne réussisse à envoûter Bella. Et cela m'emplissait d'une douleur muette et intolérable.
Après nous être aimés durant quelques heures, j'informais qu'Aro souhaitait la voir pour minuit.
-Pourquoi ne me le dis-tu que maintenant ?
-Il fallait que je te remonte le moral d'abord, ma belle, raille-je.
Il était minuit moins-dix, je ne pouvais plus me permettre de nous retarder. Cependant, je ne pus m'empêcher de la prendre dans mes bras avant de partir vers la grande salle. Tout allait se jouer maintenant et, je devais l'avouer, j'étais mort de trouille.
-Bella.
Elle était en train de s'essuyer les cheveux. J'avais donc devant moi sa chute de reins fortement penchée vers l'avant pour finir sur une cascade de cheveux légèrement ondulés. A la mention de son nom, elle se redressa, m'offrant la vue de son corps en sous-vêtements.
Je dus réellement prendre sur moi pour ne pas oublier que nous n'avions pas le temps.
-Oui ? fit-elle.
Je la pris dans mes bras sans rien dire. Je serais mon corps contre le sien si étroitement que j'avais une grande partie de ses cheveux humides qui me recouvraient le visage. Je serrais plus fort.
-Ca ne va pas ? S'affola-t-elle car je ne voulais plus la relâcher.
-Bella, il faut que je te dise quelques choses.
Elle me repoussa tendrement et me fixa dans les yeux.
-Je t'aime et je...
-Je sais, moi aussi je t'aime Félix.
-Laisse-moi finir... Je-je n'ai jamais ressentis ca, tu sais. Je veux dire, je n'ai jamais aimé personne avant toi. Bella, mon amour, je ne te l'ai jamais caché : j'avais eu des relations avec Heidi il y a plusieurs années, et je te jure de tout mon c½ur, mon corps et mon âme, que je ne l'aimais pas. Tu le sais bien sur. J'aimerai t'expliquer pourquoi je désire tant que tu sois à mes côtés...
-F-Félix... Arrête, tu n'as pas a essayé de me convaincre parce qu'Edward est là, souffla-t-elle avec de nombreux trémolos dans la voix.
Elle était émue. Triste, chagrinée ? Ou heureuse ?
-Je ne le fais pas à cause de lui, enfin ! Je le fais, parce que je veux ardemment que tu sois ma femme. Je veux que tu comprennes pourquoi je t'aime, comment je t'aime.
Elle acquiesça doucement.
-Je t'adore, toi, quand tu me fais un sourire, quand tu es heureuse, que tu me parles de choses qui te fascinent, quand tu m'embrasses tellement amoureusement que plus rien d'autres n'existent. Toi et rien que toi. Lorsque je te regarde Bella, j'ai l'impression que mon c½ur bat tellement je tremble de bonheur. Quand je t'ai entre mes bras comme maintenant, j'ai la sensation que si je devais mourir, j'avais assez été heureux et comblé pour mon éternité. Quand je te fais l'amour, Bella, j'ai l'impression de mourir réellement. Mourir de désir, de bonheur, d'incompréhension aussi. Comment une femme comme toi peut-elle m'aimer ?
J'étais emporté par mon propre discours, les mots courants aussi vite que je les pensais. Mon amour avait la bouche légèrement ouverte et elle se pencha vers moi, m'embrassa. Ses lèvres m'effleurèrent à peine premièrement. Délicatement. Subtilement. Prenant ensuite ma lèvre inférieure et la mordillant. Puis, suite à de nombreux préliminaires atroces, elle se décida et m'embrassa.
-On doit y aller mon amour, moi aussi je t'aime, susurra-t-elle à mon oreille.
Je laisser tomber mes bras le long des siens, la libérant. Elle me prit la main et nous partîmes tous deux vers notre rendez-vous. Une partie de moi était déçue car j'aurais voulu une déclaration à mon tour. Mais je ne pouvais pas lui en vouloir, elle n'était pas très bien ces temps ci.
Dans une seconde nous serions arrivés. C'était un point de non-retour, je le savais.
« Ca passe ou ca casse » disait une voix dans ma tête. Sauf que ca ne pouvait pas casser, hein ? Je l'espérais franchement.
-Bella te voilà, murmura Aro visiblement soulagé – quel beau menteur !
-Que se passe-t-il maître ?
-Bella, D'ici quelques instants Jane passera cette porte, je t'ordonne de lui infligé ton don. Elle s'est jouée de moi, en pensant contourner un ordre sans que je m'en aperçoive, mais je sais tout. Elle mérite donc une punition.
Quel homme insensé ! Je me demandais comment Aro avait réussi à convaincre Jane de subir cela. In-cro-ya-ble. C'était le seul mot.
Les sourcils de ma belle se froncèrent. Oui, elle n'aimait pas faire du mal aux autres, mais je voyais dans ses traits une curiosité sans pareil. Jane la détestait et pour la première fois elle allait pouvoir jouir du spectacle qui la faisait rêver : Jane soumise à la propre douleur qu'elle affligeait cruellement.
Bella jugea, en même temps que moi, les autres présents hormis nous. C'était une réunion secrète, et seuls quelques vampires étaient là.
Caius et Marcus étaient dans un coin en parlant très bas, Santiago, Démétri, Afton et Chelsea.
Tous ceux qui étaient dans le secret. Tous ceux qui savaient que Jane n'avait pas vraiment désobéis et que tout cela ne serait que comédie. Il suffisait juste à Bella d'extraire son bouclier d'elle-même pour s'attaquer à quelqu'un. Et à cet instant elle serait sans merci. Nous le savions tous.
Et là, sous le regard de tous, Jane entra la tête haute.
Bella ne put s'empêcher de sourire lorsque soudain le petit démon tomba à genoux, réprimant un cri.
J'observais Jane, elle était décidément très forte. Elle planta ses prunelles froides dans ceux joyeux de Bella, la fusillant du regard avant de convulser à terre. Les cris de douleur ne se firent pas attendre. Jane s'arrachait pratiquement les cheveux.
Avait-elle oublié que Bella amplifiait un don avant de le renvoyer ? Dans son cas cela devait-être... indescriptiblement douloureux. Son don faisait naître des centaines de décharges brulantes, de crampes brûlantes. Un peu comme si nous revivions la transformation. En pire.
Un cri horrifiant passa ses lèvres. Elle suppliait d'arrêter. Bella continua.
Je tournai ma tête quelques secondes du spectacle. Et j'observai Chelsea. Elle était plus concentrée que jamais. Bella était sans protection mais était bien plus coriace que d'autres sans doute. Quand elle eût finit, Chelsea fit un signe de la tête à Aro. Ce dernier posa sa main sur l'épaule de Bella.
-Elle a compris maintenant je pense.
Bella hocha la tête et se détourna vers moi.
-Félix. Viens, je veux te montrer à quel point je t'aime.
Sur ce, elle me prit par la main, sans se soucier du reste, et m'emmena avec elle.




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#Posté le jeudi 17 septembre 2009 12:54

Modifié le samedi 07 novembre 2009 19:57

Chapitre 15_______________________________________________

Chapitre 15 : La Manipulation_______________________________________________
BELLA VOLTURI SWAN

Aro m'avait demandé de faire souffrir Jane. Et je mentirai si je disais que cela m'avait dérangé. Je n'avais même pas demandé d'explications. Elle avait fait mal et c'était à moi que revenait l'honneur de la punir. Car oui, c'était un honneur, une gloire.
Soit, je dois avouer m'être éclatée, bien que ce soit cruel de dire, c'est la triste vérité. Et en ce moment ma cruauté était totalement fluette. Je n'avais pas lésiné sur mes capacités. J'avais complètement enfermé mon bouclier autour d'elle, collé à sa peau. La douleur n'en était que pire. Je ne me sentais pas coupable de ses cris, elle l'avait mérité. Je faisais une confiance aveugle en Aro. Si ce n'est que lorsqu'il me demanda d'arrêter j'entendis le soupir de Félix derrière moi.
« Il m'aime tellement » pensais-je en recevant son regard doux.
« Espèce d'idiote ! »
Je rêvais où j'avais entendu ma propre voix m'insulter ? Qu'importe, si je devenais folle autant profiter du celui que j'avais failli blesser en écoutant un peu trop mon ancien meilleur ami...
-Félix. Viens, je veux te montrer à quel point je t'aime.
Sur ce, je l'entrainais avec moi... tout en repensant à cette discussion qui m'avait mis dans tous mes états quelques heures plus tôt...

(la fameuse discussion Jake-Bella -- Flash-Back)
Je tombais sur Jacob et Edward. A vrai dire, je les cherchais. Ou du moins, je cherchais Jacob. J'étais passablement consciente de la surveillance de Félix, mais je passais outre.
-Salut, dis-je mal à l'aise en arrivant à notre auteur.
-Tiens ! Je devais te parler justement ! s'exclama Jacob.
J'ouvris de grands yeux. Il... Je... Depuis quand ? J'avais du mal à remettre mes idées en place. Il me parlait naturellement. Il ne me détestait plus. Je vis Edward fermer et ouvrir les yeux à plusieurs reprise, lui aussi était étonné. Ou alors il lui avait demandé de me parler gentiment et jouait la comédie ?
Un bras mou et brûlant se posa sur mes épaules. Jacob. Je souris. Il était si...
Edward grogna en fusillant Jake du regard. Je sourcillai en remarquant le regard rieur de Jake, que pouvait-il penser ?
-Bon je vous laisse, fit Edward visiblement tendu.
La seconde d'après, il n'était plus là. Je m'étonnai toujours de son étonnante vélocité.
-Ca te dérangerai de venir parler avec moi, Bella ? Souffla le Barithon brûlant de mon ami.
Je lui fis un signe de tête et nous montâmes les dix étages.
Une fois dans ma chambre, il partit s'assoir sur mon lit sans rien demander. Ce geste m'attendrit autant qu'il m'irrita. N'avait-il pas de manières ? Mais d'un autre côté... Jacob resterait Jacob.
-Bella, je n'irai pas par quatre chemins, alors j'aimerais que tu me laisses parler. Je sais que tu n'as jamais été très patiente mais j'espère que ta nouvelle vie t'auras au moins apporté ca.
Il rit nerveusement.
-Tu me déçois, tu sais.
Il passa sa main tendrement sur ma joue.
-Tu m'avais prévenu mais je... je n'étais pas prêt. Je ne pensais pas que cela me ferais si mal de te revoir comme ça. Je pensais t'avoir rayé de ma vie depuis que je me suis imprégné, tu sais. D'après Sam, le fait que Chloé soit ta cousine aurait influé sur mes sentiments pour toi. Mais je n'y crois pas.
Sa deuxième main vint se poser sur ma deuxième joue, me faisant frissonner alors qu'il me réchauffait. Je ne pouvais pas ignorer la lueur indescriptible qui illuminait ses prunelles lorsqu'il avait mentionné ma cousine... Elle en avait de la chance... Dire que je ne la connaissais même pas ! Il n'empêche... J'étais un peu jalouse.
-Bella, si je te dis ca... C'est parce que je veux que tu comprennes que tu es quelqu'un d'exceptionnel. Et ton copain là... Enfin Fiancé (ses prunelles se noircirent.) Il ne te mérite pas Bella.
-Jacob !
Je n'avais pas pu m'empêcher de le faire taire. Non, Jacob ne pouvait pas me dire ca ! De quoi se mêlait-il ? Je sentis ma bouche s'humidifier de venin tandis que l'envie de le tuer me traversa l'esprit.
-Calme-toi... Prévint-il.
Malgré les années il me connaissait mieux que n'importe qui.
-Laisse-moi au moins m'expliquer...
Et là, je me tus. Je me décidai d'écouter les arguments de Jacob, en souvenir de toute la confiance que je lui portais cinq ans plus tôt.

Il parla sans que je ne l'interrompe durant une demi-heure durant. Je ne sais guère si c'est ma nouvelle condition vampirique ou la passion qu'il mettait dans on récit, mais ne pas parler ne m'avait même pas dérangé – un exploit, il va s'en dire. Il avait aussi le fait que la vie qu'avait menée Edward durant ces cinq dernières années était tellement horrible par ma faute, que j'étais muette de stupeur. J'hésitais à le croire car il pouvait bien me raconter tout cela pour que mon choix redevienne favorable à Edward... Mais lorsqu'il se mit à me supplier... Je perdis pieds. Je l'ordonner de virer sa carcasse de là, qu'il n'avait aucun droit de me juger ou d'essayer d'influer un choix maturément réfléchis.
Il s'en alla non sans savoir qu'il avait réussi à me faire douter. Je m'effondrai au sol longtemps laissant la rage des deux Bella présentes en moi me consumer.



Je me sentais mieux maintenant. J'avais repris confiance. Et j'empoignais fermement Félix par la main pour lui montrer à quel point je l'aimais. Non. A quel point j'étais amoureuse de lui. La nuance se faisait désormais.
Du moins j'en étais persuadée. Mais... je n'avais pas pris tout en compte.
Edward nous attendait dans le hall des chambres.
-Tu es content de toi ? Cracha-t-il à Félix. T'as réussi ton coup ?
De quoi parlait-il ? Etais-je seule à l'ignorer ? Ou Félix ne comprenait-il pas ces sous entendus, lui non plus ?
-Oui, je le suis. Tu nous excuses...
Apparemment il comprenait, lui. Il me tira par la main et bouscula violement Edward en passant.
Naïvement peut-être je m'attendais à ce que ca se termine là. Certes, je ne comprenais pas Edward. Mais il délirait voilà tout. Je ne voyais que Félix, n'était point objective de la situation, je me dressai devant lui lorsqu'Edward revint à la charge.
-Va-t'en, sifflais-je avec plus de haine que je ne croyais pouvoir en mettre.
Edward éclata d'un rire dur et sans joie.
-Tu as toujours été si intuitive Bella... Mais là, tu ne vois même pas la manipulation.
J'entendis Félix grogner. Très fort.
-Qu'est ce que tu fais là ? Quémandais-je.
-Je suis venu t'avertir, ou plutôt, te rappeler (il insista sur ces mots), que lorsque tu t'attaques à quelqu'un, Bel...
Je n'entendis pas la suite. Félix venait de le saisir au col et lui avait littéralement éclaté la tête contre le sol. Le carrelage d'époque vola en éclats.
Qu'allait-il me dire de si important pour que Félix réagisse ainsi ?
Mes questions ne trouvèrent pas de réponses mais déjà Edward voltigeait à travers le couloir. J'aurais vraiment voulu dire à Félix de cesser, mais je ne pouvais pas. J'en étais un capable, une trop grande partie de moi lui donnait raison. Edward... Que venait-il faire là ? Il gâchait tout ! Enfin... Peut-être pas.
-Stop.
J'avais parlé d'une voix tintée de calme. Une voix assez tranchante malgré son volume bas, pour les dissuader de continuer.
Une nouvelle voix se réanima en moi. Je dis bien « se réanimer ». Car je la connaissais. Elle était chargée de dégoût envers les Volturi mais indéniablement sous le charme des Cullen, sous son charme.
L'ancienne Bella était présente en moi, mille fois plus forte qu'avant depuis qu'elle avait vu Félix s'en prendre à Edward.
Félix, Edward...
Mon choix cornélien.
Mais, sans savoir pourquoi, cette fois, elle gagna. Elle, pas moi. Je n'avais plus aucun contrôle. Je m'avançai d'une démarche féline qui était devenue mienne, et m'accroupis près de lui, toujours au sol.
-Fini ta phrase.
Je ne contrôlais plus rien. C'était elle. Elle, qui était mue par les émotions et mes désirs. Je ne pouvais pas accepter ca ! L'ancienne Bella ne pouvait gagner face à moi. J'avais mis cinq ans à bâtir le mur le plus solide possible entre moi et Edward. Et, elle, elle réduisait tout en charpies !
-Quand tu t'attaques à quelqu'un, tu es vulnérable, souffla Edward. Si vulnérable... Pour moi... Pour Chelsea... Tu n'es plus à l'abri dans ta tête.
Non. Non. Non.
Je ne voulais pas croire cela. Je ne voulais pas imaginer cela. Je ne...
-Ne l'écoute donc pas, il te manipule.
C'était Félix.
Oui, bien sûr. C'était si facile.
J'étais à la fois têtue et naïve. Il était si facile de me faire croire quelque chose, mais tellement plus difficile de me faire changer d'avis. J'étais une proie idéale. Et il avait réussi à mettre le doute en moi.
Je voyais clair maintenant. Enfin, je crois.
J'étais face au deux duellistes. Et là... Là... Je cru prendre conscience.
Félix lançait des coups d'½il qui allaient de moi à Edward. Il était furieux. Horriblement Furieux. Comme si... Comme si Edward lui convoitait son objet fétiche. Son jouet. Il était jaloux. Égoïste. Détestable. Mais je l'aimais car il me désirait, car il était tendre avec moi, car il était prêt à tout par amour. Jamais je ne pourrais m'imaginer loin de lui.
Quant à Edward... Il ne semblait même pas remarquer Félix. Il avait ses yeux rivés sur mon visage. Un sourire tendre étirait ses lèvres magnifiques, de la tristesse nageait dans ses yeux au milieu de l'espoir. Hors contexte, Edward m'aurait fait pitié. Mais j'étais en plein dans le contexte et mon amour pour lui ne faisait que revenir à la charge.
Tout comme Félix.
Je ne sais pas vraiment si l'expression de mon visage avait changé, si ce n'est qu'en un temps record il était prêt d'Edward. Son pied s'écrasa sur son visage avec une force inimaginable. J'entendis un son d'os brisés.
Un cri strident retenti. Mon cri.
Ils ne s'en soucièrent pas car Edward s'était relevé et abattit son poing sur la tempe de Félix. Encore et encore. Je le priai d'arrêtais, il n'en fit rien. J'aperçus le profil d'Edward... Il avait le nez cassé. Ou du moins une blessure qui ressemblait le plus à cet homologue chez un humain.
Je devais les arrêter.
« Edward ... je t'en supplie »pensais-je en enlevant complètement le bouclier de moi.
Evidemment Félix ne comprit pas pourquoi, soudainement, Edward le repoussait plus loin et le laissait là. Sauf qu'il revint à la charge sans tenter de comprendre
-Félix ! M'écriai-je.
Il s'arrêta net. Étonnant, j'avais plus de pouvoir sur lui que je ne l'avais soupçonné.
-Je vais faire un tour, leur appris-je durement. Si vous vous battez, ne comptez plus sur moi. Ni l'un. Ni l'autre.
Je les regardai tour à tour pour m'assurer de leur compréhension. Félix voulait répliquer, bien sûr. Et il le fit.
-Demain à minuit, c'est-à-dire dans exactement vingt-trois heures et dix-huit minutes. Un duel aura lieu dans la grande salle, annonça mon fiancé. Un duel d'égal à égal. Entre Edward et Moi.
Sur le coup j'en eu le souffle coupé. Edward ne semblait ni inquiet ni étonné. Il avait du le lire dans ses pensées. Félix m'embrassa la joue avant de filer. Je pris un autre chemin pour partir dehors, laissant Edward sur place.
« Edward... Retrouve-moi dans dix-minutes sous la cloche. »Pensais-je.
Je refermai mes pensées ensuite prenant un tas de détours avant de me rendre sous la cloche, où des années plutôt avait sonné nos retrouvailles. Juste avant d'être emmené par les Volturi, ce jour là nous avions profité de quelques secondes de bonheur. Même si nous en avions pour finir réchappé.
Je doute que ce soit le cas, cette fois. Nous ne gagnerons pas.
J'avais parcouru une quinzaine de kilomètres pour me rendre à environ cinq cent mètres de notre chambre. Mais ca en valait la peine. J'avais accompli cela plusieurs fois dans des directions différentes pour semer mon odeur un peu partout.
Finalement j'étais partie sous la cloche.
Et maintenant ? Qu'est ce que j'allais faire ? Edward ou Félix ? Je n'avais pas choisi. Félix m'avait déçu, certes... Mais que devrais-je dire de la manière dont Edward m'avait déçu ? C'était bien pire. Et merde ! C'était quoi cette histoire de duel ? Il fallait qu'Edward m'explique là.
Edward ? Félix ?
Je ne savais vraiment pas. La dualité en moi était telle que j'avais la tête qui me tournaient, les mains qui en tremblaient.
-Bella.
Ce ténor. Des bras s'enroulèrent délicatement autour de mes épaules tandis que ses lèvres se posèrent doucement sur mon cou. Je me dégageai lentement, pour ne pas le blesser.
-Edward, s'il te plait.
Il comprit où je voulais en venir et ce décolla un peu de moi, visiblement gêné. Il restai mutique. J'en profitai : avec une lenteur probablement exagérée je posais ma main sur sa joue et fermai les yeux. Laissant mes doigts parcourir ses traits d'adonis, j'inspirai son odeur. Oui... L'ancienne Bella était heureuse de le toucher. Quant à moi, je mentirai si j'affirmai que ce n'était pas le cas.
Je fus soudain submergée par un très ancien chagrin. Celui du manque inconditionnel que j'avais ressentis à son départ, des années plus tôt... La douleur reprit mon corps comme avant. Tout cela n'était que psychologique, et pourtant je crevais de mal à présent. Mon c½ur se déchira complètement : Une énorme fissure qui hurlait son doute. J'avais l'impression que les deux partie de mon défunt c½ur se repoussaient, se dégoutaient.
-Bella, ne souffre pas, souffla sa voix.
Je levais sur les lui des yeux emplis de toutes les incertitudes et douleurs qui me dépeçaient complètements de l'intérieur. Il dut comprendre très vite, car d'un mouvement doux et entièrement chaste, il me prit dans ses bras. Je fermai les yeux. Ses mains vinrent lentement déposer des caresses sur mes bras, traçant de petits cercles apaisants sur mes avant-bras. Je fermai les yeux, me laissant transporter par les sensations issues de ses caresses. Ce n'était vraiment pas comme avec Félix. Décidément, Edward avait sur moi un effet presque malsain tant j'étais bien dans ses bras. Il aurait pu me faire n'importe quoi à cet instant : j'étais totalement paralysée par les décharges brûlantes, et à la fois si douces, qu'il laissait sur son passage. Extrêmement lentement, il se déplaça pour venir poser ses lèvres sur mon front.
Ce geste si retenu, si contrôlé, de sa part me grisa complètement. Ca y était, je le sentais... il en était fini de moi. Mes os se liquéfiaient, ma peau s'enflamma, mes lèvres se mirent à trembler comme si je pleurais. Pourquoi ? je... J'avais été si cruelle avec cet homme et il prenait encore la peine de me réconforter alors qu'il souffrait. Je ne le méritais vraiment pas. Et il restait là pour moi, me faisant frémir par un simple touché chaste, hésitant de peur que je le quitte... Mais comment pourrais-je ?
Je me reculais de quelques centimètres à peine, histoire de pouvoir le regarder. Il était si beau... Il plongea ses yeux dans les miens et je perdis mes moyens.
Ses yeux topazes me scrutaient avec une infinie tendresse que je ne mériterais jamais, ses cheveux de bronze prenait presque une couleur dorée sous le clair de lune, ses traits parfaits me sourire doucement tandis que ses bras forts me serraient un peu plus contre lui - Tout cela signa ma perte inconditionnelle. Soudain il n'existait plus rien d'autre que lui et moi sous la porte cochère de l'église qui se mit à sonner les une heure du matin. Mon bouclier s'envola, lui libérant mes pensées presque sans que je ne le contrôle.
J'imaginais bien le tableau d'ici et ce que d'autres auraient vu d'un point de vue extérieur : deux amants enlacés étroitement. Des amants. Était-ce ce que je souhaitais ? Quelle question, me direz vous. La scène qui aurait pu paraître romantique à l'extrême, était alourdie par la peur contre un ennemi invisible qu'était le temps. Sans parler de tous les autres ennemis qui nous attendaient...
-Bella, je...
Je secouai la tête pour qu'il se taise, il pouvait bien entendre ce que je pensais, je n'avais rien à lui cacher... Mais, déplorable créature que j'étais devenue, je n'avais toujours pas choisi. Enfin, je ne cessais de le répéter pour, peut-être, ne pas voir la vérité en face. Pourtant cette vérité ce trouvait en face de moi.
Sans plus réfléchir, je me jetai à l'assaut de ces lèvres que je chérissais de manière irraisonnable.
Passant mes bras autour de son cou, je me mis sur la pointe des pieds et posai mes lèvres sur celle d'un Edward étonné. Il avait peut-être assisté à mes réflexions internes, mais je n'avais pas attendu entre la décision et l'action ici, il n'avait pu anticiper.
Il me rendit mon baiser de manière retenue, presque comme avant. Avait-il toujours peur de me tuer ? Ou les habitudes le reprenaient ? Non, la veille, son baiser n'avait rien de retenu.
Mon bouclier toujours en mode « arrêt de travail », il pouvait entendre mes réflexions. Cela devait lui faire bizarre, mais il en profita pour accéder totalement à mes demandes muettes. Ses mains partirent en exploration venant se placer sur mes hanches d'une part, enserrant ma nuque de l'autre pour m'écraser contre lui. Sa main sur ma nuque scindait fermement sa bouche à la mienne, au moment où sa langue demandait à rencontrer la mienne. J'accéder à sa requête, plongeant dans un baiser profondément envoûtant. Il faisait partie de ceux qui nous font oublier tout – espace, temps, raison, contrôle, souvenirs. Ma main droite caressait ses cheveux et la gauche se glissait sous sa chemise. Sous mes doigts, je sentais ses muscles se contractaient pendant qu'il m'emmenait avec lui au pays des rêves faisant de notre baiser un ballet de haut vol. Nos gestes étaient totalement coordonnés et je me demandais vaguement si c'était car il savait les anticiper et répondre à mes attentes. Car oui, Edward répondait à toutes mes attentes : il était mon double, mon âme-s½ur parfaite.
Et bien que totalement émue et émoustillée par ce baiser, je prenais le temps d'en vouloir à la nature et au destin qui jouait contre nous en l'ayant fait naître des décennies avant moi. Nous avions réussis à être rassemblés grâce à sa nature vampirique qui nous avait pour finir éloignés de l'autre à plusieurs reprises. Mais maintenant, nous étions à égalité. Invincibles. Éternels. Réunis.
Enfin pour l'instant. Je n'étais pas sur que nous ayons gagné la guerre ; juste une des nombreuses batailles qui nous opposait continuellement au destin. Mais si nous avions gagné celle-ci, nous en avions perdu beaucoup d'autres. Et cette certitude me frappa une fois encore : Nous ne gagnerons pas.
Edward rompit notre baiser brutalement en entendant mes songes.
-Arrête ça, supplia-t-il. Je t'aime, Bella. Viens, partons ensemble. Nous gagnerons.
-Tu es complètement fou ! m'emportais-je soudain sans toute fois le repousser.
Au contraire, je le serrais deux fois plus contre moi.
-Edward... Si nous partions, Démétri nous retrouverait. Et avant cela, ils auront tué Esmé, Carlisle, Emmett, Rose... Seule Alice et Jasper pourraient s'en sortir, et encore.
Il baissa la tête pour se nicher dans mon cou, il y déposa un baiser avant de me mordre gentiment. Je souris.
-Tu réalises un de tes fantasmes ? Soufflai-je.
Il s'esclaffa.
-Bella, je ne sais plus quoi faire, avoua-t-il, toujours dans mon cou.
J'y avais trop réfléchis. Et je n'arrivais pas à trouver la solution. Comment aimer Edward sans blesser Félix ? Ou inversement...
Edward entendait encore mes pensées, et je le senti frémir.
-Je ne saurais pas faire ça... dis-je tout bas, certaine qu'il comprendrait de quoi je parle.
Bien sur, un semblant de solution apparaissait en moi, mais j'avais peur de lui proposer. Moi-même, je n'étais pas sur d'y arriver. Sa prise se resserra une fois de plus autour de moi, sentant mes réticences. Collé comme nous l'étions, nous ne saurions plus nous décoller...
-Ce ne serrai pas pour me déplaire, murmura suavement Edward.
Il attendit patiemment de comprendre le cheminement de mes réflexions, mais je les lui cachais.
-Dis-moi...
-Faire semblant parait la meilleure solution, murmurais-je après quelques minutes de silence.
Il souffla et, contre toute attente, me relâcha. Il plaque ses mains contre le mur derrière lui, me tournant le dos. Je l'entendais inspirer très fort à de nombreuses reprises. Cela me fit un peu mal, mais le connaissant je savais qu'il ne m'en voulait pas : il essayait sans doute de se calmer et d'observer le bien fondé de mon argument. Il finit par se retourné sur moi, sans s'approcher. Son regard était dur et implorant à la fois.
-Je préfère encore mourir, fulminait-il tout bas. Je n'ai qu'à le tuer, cela résoudrai nos problèmes !
-Edward Anthony Cullen, ne t'avise jamais de faire ça.
Ma voix avait claqué si fortement qu'il fut presque effrayé. Comment pouvait-il dire ça ? Il connaissait parfaitement la nature de mes sentiments, aussi bien pour lui, que pour Félix.
-Mais il te manipule Bella !
-Je sais que non.
-Lui non plus ne le sais pas ! C'est Chelsea !
-Elle ne sait pas m'atteindre.
Il grogna.
-Elle a pourtant réussi par deux fois.
Je le regardai, transperçant ses prunelles de fureur, de passion, de haine, d'envie, d'amour, de colère et d'autres sentiments opposés qui me traversaient durant la lute acharnée des deux parties de moi.
J'avais toujours su que j'aurais du tuer Chelsea. Mais je ne pensais qu'elle ne s'était attaquée qu'à Seth. Or, la vérité semblait bien pire selon les dire d'Edward.
Présentement, je ne savais ni que croire, ni que faire. Et cela me rongeait autant que la distance qui séparait mon corps de celui de mon amant.
Encore une fois, il répondit à mes envies et m'enlaça. Il finit par interrompre mes songes d'un coup, me souleva du sol et parti en courant.
En quelques dizaines de secondes nous étions très loin de la ville, sans avoir fait le moindre bruit.
-Jane arrivait, chuchota-t-il en guise d'explication.
Edward venait de nous faire parcourir un peu moins de quarante kilomètres. Nous étions à présent à Marina di Cecina, au bord de la mer.
-On en profite pour faire un tour ? Sourit-il, imperturbable.
Ma colère s'était évaporée comme à chaque fois qu'il me faisait cet admirable petit sourire en coin qui me faisait tant fondre.
-C'est bon à savoir, rit-il.
Je lui jetai un regard peu amène. S'il continuait ainsi, j'allais vraiment finir par renfermer mes pensées définitivement. Il avait entendu, il déchanta.
-Allé ma petite tête de mule, viens par là.
Il me prit la main et m'emmena sur la plage. On s'assit dans le sable en silence et il me fit m'installer entre ses jambes, mon dos contre son torse, tandis que ces bras se renfermaient sur moi.
A ce moment je dus enfermer vivement une partie de mes pensées comme j'avais appris à le faire. Ces pensées là, il ne devait pas les entendre. Ce n'était pas très orthodoxe, et Edward avait ses principes. Et le moins qu'on puisse dire c'est que mes pensées étaient inconditionnellement hors principe.
-Edward.
-Oui ?
-Je pensais... Si on tue Chelsea, tu crois qu'on saura enfin la vérité ?
-La vérité... murmura-t-il pensivement. La vérité Isabella, c'est que je t'aime. La vérité, c'est que Félix t'aime aussi et malgré la mort de Chelsea, il continuerait à t'aimer. La vérité, c'est que ca lui ferait mal si tu le quittais. La vérité, mon ange, c'est que demain un de nous deux sera mort.
Je sursautai. Pourquoi disait-il ca ? Pourquoi, si c'était de la manipulation, Félix m'aimait-il en dehors du don de Chelsea ?
-Il t'aime aussi car tu es exceptionnelle. Cependant je ne pense pas qu'il ait oublié son premier amour malgré tout ce temps... Bella demain, le duel, l'un de nous devra mourir, tu t'en doutes.
Mes yeux se mirent à piquer mais aucune larme ne vint les soulager.
-Arrête ca toute de suite, soufflais-je. Je t'interdis de me dire des choses pareilles. Et puis, premièrement vous ne vous battrez pas, et deuxièmement... C'est qui son premier amour, merde !?
Edward resserra son étreinte autour de mes épaules.
-Tu sais, quand Chelsea casse un lien pour en créer un autre, une partie des souvenir se transforme. Enfin, du moins la perception de la personne. Ainsi, si elle avait réussi pour nous deux, tu ressentirais une haine inexplicable pour moi ou une très forte amitié mais tu ne te souviendrais pas vraiment de la relation que nous avions eue.
Je ne comprenais rien... Où donc voulait-il en venir. J'avais toujours eu un mal de chien à suivre Edward dans les méandres dans ses réflexions.
-Elle n'a jamais réussi à nous briser cependant, c'était au dessus de ses forces... continuait-il. Oui, tout compte fait je pense qu'il faudrait la tuer. Si elle meurt notre amour ne changerait pas, c'est vrai. Mais tu comprendrais que Félix est, au mieux un ami pour toi, et lui pareillement. Il finirait par retourner avec celle avec qui il partageait sa vie il y a une trentaine d'années.
-Mais de qui tu parles ? M'énervais-je.
Je me levais pour me rassoir face à lui. Pourquoi ce long discours ? Et puis, une part de moi non négligeable commençait à être hautement jalouse de la femme qui avait su un jour intéresser Félix avant moi.
-Tu n'es pas au courant ? S'étonna Edward.
Son attitude m'horripilait presque. On aurait dit qu'il essayait de me vendre des arguments pour que je renie Félix ! J'avais enfermé entièrement mes pensées et il fronça les sourcils.
-En 1602, Félix a rencontré une jeune fille, une humaine. Il se sentait inconditionnellement attiré par elle, comme si son monde était centré autour d'elle. Il tomba fou amoureux. Sa condition vampirique l'empêchait de la prendre dans ses bras ou autre et ca le rendait malade. Il alla trouver Aro et le lui expliqua. Aro partit avec lui et découvrit la jeune fille. Elle était d'une beauté sans pareille pour une humaine et Aro partit la trouver. Il se présenta, lui étreignit la main. Je crois que c'est à ce moment qu'il envisagea son don. Il l'emmena avec lui. Il lui expliqua qu'il pouvait lui offrir une vie éternelle au côté de Félix. Susana, qui allait bientôt avoir vingt ans et qui était tombée amoureuse de Félix, accepta. Félix se chargea de sa transformation. Ils vécurent de nombreuses années ensemble.
Je l'écoutai. Un détail me titillait, me dérangeait. Je n'arrivai pas à mettre le doigt dessus.
-Il y a une trentaine années de cela, Chelsea sépara leur couple. Personne ne sait pourquoi. Apparemment Aro trouvait que cela nuisait aux missions qu'ils faisaient ensemble. Ils étaient toujours trop inquiets qu'il arrive quelque chose à l'autre, et cela les poussait à faire des erreurs. Aro, ne pouvant admettre cela puisque la fille avait un don non négligeable, il les fit séparer. Tu dois te demander comment je sais tout ça, rajouta-t-il après quelques secondes en caressant le bout de mes lèvres de son index.
J'opinai toujours dérangée par ses propos.
-J'ai lu dans les pensées d'Aro durant tout le mois où j'étais ici. Il n'est pas habitué à les cacher et ne pouvait s'empêcher d'y penses lorsqu'il voyait Félix près d'elle. J'ai demandé à Carlisle qui a vécu à Volterra pendant qu'ils étaient en couple. J'en ai appris beaucoup.
-Aro y pensait quant il les voyait ensemble au château ? Murmurais-je pour moi. Mais alors... Je dois la connaitre...
Edward hochai la tête.
Je ne me souvenais pas connaître de près ou de loin une quelconque Susana. Au château personne ne s'appelait ainsi et...
-Oh mon dieu.
Cela me fit un choc tant c'était évident. Je m'étais toujours dis qu'il était trop proche l'un de l'autre. Mais là... Et oui, bien sûr, elle s'appelait Susana. Enfin, à son époque mais elle avait changé de nom.
-Heidi.
Edward confirma.
-Si je te dis tout ça, c'est parce que ce que tu m'as dit à propos qu'il faudrait tuer Chelsea... Il se peut que ce soit la seule solution. Tous ces liens se briseraient, les vrais quant à eux se raviveraient. Félix repartiraient avec Heidi, toi et moi serions enfin tranquille et personne ne serait « malheureux ».
Oui, cela paraissait simple. Mais il manquait des éléments...
-Tu oublies quelques choses, Edward. Afton vengera la mort de Chelsea. Santiago vengera également la mort de son meilleur ami si nous le tuons... ce sera une chaine sans fin. Et j'ai appris à apprécier nombres d'entre eux. Je ne pourrais faire ca.
-Chelsea est amoureuse d'Afton, c'est vrai. Mais elle l'a attachée à elle. Elle n'a personne qui l'aime de son plein grès.
Je me serrais dans ses bras. Et l'embrassais.
-D'accord, dis-je finalement. Je la tuerai. Mais il nous faut d'abord vaincre les russes car la menace absolue c'est toujours eux. Et si nous tuons Chelsea les Volturi serait désolidarisé et par conséquent inutiles en Russie. Je vais aller parler à Félix pour retarder l'échéance de votre « duel ». Il n'aura jamais lieu, nous tuerons Chelsea avant.
-Très bien. Il va falloir jouer l'indifférence si j'ai bien compris ?
Sa dernière phrase lui coûtait. Elle était comme une invitation à la nier rageusement. Et pourtant...
-Oui. On y arrivera. La semaine prochaine on part en Russie. Une semaine Edward... On peut réussir.
Il ferma les yeux, le temps de simprégner de la nouvelle, de ses conséquences, et de l'accepter.
-Je t'aime Bella.
Que ses mots étaient doux à entendre. J'aurais vainement voulu lui rendre...
-Edward si nous échouons, nous mourrons tous deux.
-Je préfère mourir, qu'être séparé de toi.
Je scindais ses prunelles topaze. Edward semblait attendre que je lui réponde, mais je ne pouvais décemment pas. Pas alors que j'allais devoir l'ignorer durant une semaine entière. Je le poussais un peu pour qu'il s'allonge dans le sable. Le soleil se lèverait d'ici quelques heures, nous n'avions pas beaucoup de temps, mais assez tout de même. Je me couchai sur lui et l'embrassai. Délicatement, je passai une de mes mains sous sa chemise, tandis que l'autre s'escrima à la déboutonner. Je lâchai ses lèvres et vrillai mon regard dans le sien, attendant qu'il me rejette ou m'offre le champ libre. Il s'abandonna à mes caresses.
Nous nous aimions pour la première fois de cette façon. Ce fut la plus belle chose que j'eus vécu jusque là.
Nous dûmes retourner bien vite au château car le soleil conspirait contre nous.
Lorsque nous franchîmes le seuil de Volterra, je n'y tins plus. Il était partis de son côté, mais je savais qu'il m'entendrait. Et bien que je me sois jurée de ne pas le faire, j'ouvris mes pensées et lui dit...
« Edward, Je t'aime. »
Je lui répétai mentalement pour être sur d'être entendue. Je n'aurais pas du, car j'allai avoir plus de mal à refouler mes sentiments maintenant...
Mais qu'il le sache, nous aiderait aussi à affronter cette semaine d'indifférence.





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#Posté le lundi 05 octobre 2009 13:35

Modifié le samedi 07 novembre 2009 19:57

Chapitre 16_______________________________________________

Chapitre 16 : Vérité_______________________________________________
CHELSEA VOLTURI

J'ai échoué.
Des années que je manipulais les gens autour de moi, des années que je leur faisais aimer ou détester. Cette fois j'avais trouvé plus forte que moi.
-Chelsea Chérie ?
-Par ici.
Des bras puissants s'enroulèrent autour de moi. Le menton d'Afton se posa sur mon épaule parsemant sur ma peau de mille baisers. Je frissonnais agréablement, sentant le désir cheminer en moi telle la lave dévalant les pentes d'un volcan en éruption.
Afton était toujours amoureux comme au premier jour, ses yeux s'illuminaient du même éclat, son corps réagissait au contact du mien de manière peu subtile et je m'en félicitais. Bien sur, le fait douloureux de me dire qu'il ne m'avait jamais aimé de lui-même me refroidissait périodiquement, mais je ne lui en tenais rigueur. Les hommes avaient régulièrement besoin qu'on leur ouvre les yeux.
De ma période humaine, je me souvenais être folle de lui. Trop timide, je n'osai l'approcher. J'étais, bien sûr, fort courtisée par de nombreux jeunes hommes qui s'escrimaient tous à obtenir ma main, mais je ne pouvais décemment pas m'y résoudre. Je faisais partie d'une famille très aisée et représentais alors un excellent parti. Cadette de la famille et fort rebelle, je refusais catégoriquement de me marier autrement que par amour. Et j'étais plus qu'amoureuse. Ai-je oublié de préciser qui était celui m'ayant volé mon c½ur ? Afton, à l'époque, était un garçon récalcitrant de dix neuf ans. On habitait tout deux dans Iowa, aux États-Unis, et si je faisais partie de la plus riche famille en 1853, lui, était pratiquement à la rue, volant pour survivre. N'ayant pas le même rang nous n'étions pas autorisés à nous fréquenter. De plus j'avais à peine dix-sept ans, et mes parents me laissaient à peine sortir au bal sans escorte soit du cocher, soit d'une de mes s½urs. Un soir, ma famille et moi étions invité au bal de l'année, comme on l'appelait, mais je ne souhaitais pas y participer. Je connaissais ce genre de bal, on m'y présentait sans cesse des hommes qui étaient « intéressés ». Cela me dégoutait. Je fus forcée d'y participer. Ce soir là, je rencontrais un homme du nom d'Eléazar. Il me raconta qu'il parcourait le pays pour trouver de jeunes talents et, qu'assurément, j'étais la perle rare. Il me proposa un voyage vers l'Italie. L'Italie ! Toutes les jeunes filles de mon âge souhaitaient un jour pouvoir visiter ce pays et ces grandes villes romantiques. Je lui demandais de me laisser réfléchir jusqu'au lendemain et quittais la salle discrètement. Je troquais ma robe énormément classe pour une plus simple et détachait mes longs cheveux marrons. Je ressortais habillée très sombrement de telle façon qu'on aurait pu voir en moi quelconque fille de famille modeste, la beauté de surcroit. Laissant ma timidité de côté, je rejoignis Afton près d'une petite rivière où je savais qu'il aimait passer son temps. Je vis dans ses yeux qu'il voyait autre chose en moi qu'une future épouse, qu'un objet pour se faire bien voir. Nous parlâmes longtemps, et finirent dans les bras de l'autre. Ce soir là, je perdis ma virginité. Au petit matin, je ne pouvais me rassasier de son teint d'albâtre rehaussé par d'épais cheveux noirs, de ses traits maigres et son allure de souillon romantique. Sauf qu'à peine réveillé, il brisa l'enchantement.
« - T'es encore là ?
« - Pourquoi ?
« - Chelsea, nous n'avons rien à faire ensemble. Va t'en maintenant.
En larmes, ma dignité réduite à néant, je partis à toute vitesse. Plus tard dans la soirée, je croisai Eléazar. Bientôt, je fus à ses côtés en route vers l'Italie. Deux ans plus tard, je revins dans l'Iowa et trouvais Afton en prison. Il avait été accusé pour le meurtre de Chelsea Witthaker. N'ayant jamais réussi à l'oublier, et désormais maître d'un don puissant, je le fis évader et l'attachai à moi pour toujours.

Les souvenirs de cette période, et son rejet de l'époque m'avait hanté de longues années durant.
Aujourd'hui ces souvenirs étaient ravivés par le fait que je me savais incapable de briser totalement le lien d'Edward et Bella. Je jalousais ce lien. Pourquoi le mien n'était-il pas si indestructible ? Et cela faisait cinq ans que je savais, qu'un jour, leur couple finirait incontestablement par ressurgir. Déjà à sa période humaine elle était plus puissante que moi...

Cinq ans auparavant.
Caius m'avait envoyé en mission. Je devais enquêter sur les Cullen. Lors de notre dernière visite Jane avait rapporté que Bella était toujours humaine. Caius m'avait donné deux options : Soit je tuais Bella, soit je brisais ces liens avec les Cullen et l'enlevais. J'avais opté pour la seconde solution. Aro m'avait demandé de son côté de tout faire pour la rallier à nous.
Alors ce soir là me parut un défit sans heurt, facile, j'avais réalisé ces man½uvres de nombreuses fois. Sauf que Bella était intouchable, petit détail tr !s embarrassant pour réaliser ma mission. Et la puissance du lien qui les unissait semblait indestructible. La preuve : je fus incapable de le briser. J'étais à bonne distance d'eux pour rendre mes pensées illisibles au cher Edward. Mais je n'avais pas de limite de distances. Je réussi à ébrécher le lien qui relier Edward à Bella. Je ne saurais dire comment cela se passa ensuite, mais ce fut soit un geste ou une parole en trop car, bientôt, Je vis Bella sortir de chez les Cullen à toute vitesse. Edward lui courut après. C'Edward lui courut après. C'était monstrueux de ma part de me réjouir de ce spectacle. Et pourtant... Bella en tant qu'humaine était impulsive, et cette impulsivité me permis le temps d'une seule seconde de la faire douter et renoncer. Je ne sais pas encore comme ce fut possible. Mais le temps que prit cette seconde, la douleur du rejet eut raison de son bouclier qui s'effondra. Il se reconstruit aussitôt, je sentis que je n'avais déjà plus de prise sur elle. Mais j'en avais fait assez.
Je la laissais prendre l'avion, jouissant encore du souvenir d'un Edward, autrefois si sur de lui, complètement ravagé. Voilà images qui plairaient à Aro lorsqu'il fouillera mes souvenirs. Je dus également prendre un des loups qui suivait Bella. Aro m'en avait fait secrètement la requête. Ce fut très facile.
Cinq ans plus tard, alors que j'avais échoué à briser ce lien, je comprenais que le fait que Bella soit humaine et tellement changeante dans ses humeurs et attitudes avait été déterminant. J'avais eu beaucoup de chance.
Désormais j'étais en danger –Edward connaissait la Vérité.


BELLA VOLTURI SWAN

« Je t'aime... Je t'aime... Edward... » Je ne pouvais m'en empêcher. J'étais totalement déraisonnable imaginant ce qu'il se serait passé si je venais à croiser Jane dans les parages. Si elle essayait son pouvoir sur moi ? Et si je croisais Aro et qu'on se frôlait ? C'était vraiment risqué... mais en même temps...
« Edward ? Je t'aime. »
Je repensais à nos instants sur la plage... Ce fut si nouveau pour moi, comme si j'avais été vierge. Vierge de plaisirs si puissants, vierge d'un amour si fort.

Je ne pouvais me résoudre à aller voir Félix maintenant, je n'étais pas fiable, pas capable de masquer mes émotions. Et avec ce soleil levant je ne pouvais pas sortir. En ce début Août, le soleil ne laissait guère d'ombre à partir de dix heures du matin... Il n'était que six heures, mais je ne pouvais pas. J'avançai sans but particulier dans le château, à vitesse humaine. Je croisais des dizaines d'entre nous, certains me regardait avec mépris aux souvenirs de se que j'avais fait Edward... J'arrangerais cela. Au détour d'un couloir je tombais sur Jacob.
-Jake !
Sans attendre qu'il ait le temps de comprendre quoi que ce soit, je me jetais sur lui, enserrant son corps bouillonnant contre le mien, si froid en comparaison. Il réagit immédiatement, devinant sans doute que je croyais tout ce qu'il m'avait dit. Il me fit tourner autour de lui tant il était emporté par mon mouvement vif, et il finit par me serrer dans ses bras en riant.
-Tu m'as manqué.
Je lui souris. Je savais qu'il ne parlait pas du temps entre nos deux dernières visites mais plutôt de mon comportement en général, de moi, Bella Swan.
« Tu es toujours une Volturi » soufflait mon esprit, comme pour me faire redescendre de ma planète.
Vrai, j'avais des obligations pour l'instant, mais plus pour longtemps. Jake interrompit mes réflexions en me relâchant soudainement, me reposant par terre. Je fronçais les sourcils.
-Excuse-moi... Mais ton odeur de m'a pas spécialement manqué, elle, fit-il penaud.
J'éclatais de rire lorsqu'il me fit son sourire mi-figue mi-raisin et ses yeux de chien battu.
-Tu crois que tu sens mieux ? Espèce de sale cabot, pouffais-je.
Il haussa les épaules, et m'entraina avec lui parmi les couloirs, jusqu'à ce qu'on ait atteint une porte. Il ouvrit cette dernière dévoilant une pièce assez grande où une dizaine de lits avaient été entassés le long des murs, des vêtements propres, comme sales, juchant le sol.
-Un repère de chien, au milieu d'un repère de Vampires, c'est bien une première, dis-je faussement dédaigneuse.
Jacob me fit une pincette assez forte pour que je le sente.
-Aie !
-Arrête de te plaindre, rit-il indissociable de sa bonne humeur.
-Dis, Jake ?
-Hmm ?
-Tu me la présenteras, hein ?
-C'est ta cousine, Bella !
Il s'avait directement de qui je parlais, ce qu'il me laissait croire qu'il pensait sans cesse à elle, même là, avec moi. Il s'affala sur son lit après avoir enlevé son tee-shirt sale tandis qu'on parlait.
-Je sais, je sais... Décris-la-moi...Priais-je.
-Eh bien... Elle te ressemble un peu... enfin à toi, humaine, rectifia-t-il avec un sourire d'excuse. La même forme d'yeux bien qu'ils soient d'une couleur ambre magnifique. Elle a de longs cheveux roux jusqu'en bas de son dos, ils sont très épais et ils bouclent magnifiquement bien... Elle a un visage pâle, comme toi avant, et des lèvres épaisses, rouges vives naturellement... Elle a ce petit éclat dans l'½il quand elle me regarde...
Je l'écoutais, subjuguée. Il était si passionné quand il parlait d'elle, comme si c'était d'elle que venait l'oxygène qu'il respirait et qu'il la vénérait comme si c'était sa dernière bouffée d'air.
-Vous vous êtes rencontrés comment ? Questionnais-je, curieuse à mon habitude.
Il sourit, et commença son récit non sans que j'aie pu remarquer un peu de réticence dans ses prunelles noires. Durant son histoire, il jouait distraitement avec les plis d'une couverture posée près de lui, sur le lit. Il me fit la narration, donc, de la manière dont Chloé l'avait approché alors qu'il désespérait tout seul, sur un arbre... notre arbre. Je réalisais seulement maintenant à quel point je lui avais fait du mal. Je fus émue quand il me raconta que, le premier soir, elle l'avait attendue en guettant la fenêtre plutôt que la porte, qu'ils s'étaient embrassés comme si leur vie en dépendait. Qu'ils s'étaient dit « je t'aime » alors qu'il ne connaissait rien de l'autre. Puis, il me raconta l'année écoulée : Chloé avait emménagé chez Charlie avec son père, sous demande express de Chloé qui ne pouvait vivre sans Jacob après une semaine de séparation bien qu'il vienne chaque soir chez elle. Charlie avait accepté car elle lui rappelait Bella et qu'il avait acquis un immense respect envers Jacob. Avant de partir, Jacob lui avait demandé de l'épouser, et elle avait acceptée. Elle n'avait que dix-sept ans, certes, mais ils étaient bien capables d'attendre six mois.
J'étais émue et désolée à la fois. Emue, car cette histoire était sans conteste la plus jolie que j'aie entendue, désolée car ils étaient séparés.
J'allais devoir partir. Avant cela, je pris quelque nouvelles des membres de la meute en général, car ils étaient parti se dégourdir les pattes dehors (en réalité, ils fuyaient le château la journée pour éviter d'avoir des ennuis avec les vampires présents.). Je déposais un baiser sur la joue de Jake et me levais pour rejoindre ma chambre. J'allais ouvrir la porte lorsque Jake se posta devant moi, aussi vif que l'éclair, et un signe de révérence qui me fit éclater de rire. Il déverrouilla la porte d'un geste sur, un étrange sourire aux lèvres.
Je compris bien vite et sursautais de joie. Il était là, attendant patiemment derrière la porte, un bras appuyés nonchalamment sur les contours des chambranles. J'allais hurler de joie en remerciant Jacob, que, déjà, Edward entra en refermant la porte par un coup de talon avant de plonger sur mes lèvres. Je raffermis son étreinte autour de moi en le poussant contre un mur pour l'y écraser. Je lui autorisais l'accès à ma bouche et nos langues vint combattre l'une avec l'autre, tentant d'emporter un énième combat l'un contre l'autre. Il gagna, encore.
On finit par s'éloigner l'un de l'autre car Jacob s'étaient raclé la gorge au moins dix fois. Je m'esclaffai en voyant mon meilleur se moquer de nous en nous imitant. Je lui tirai la langue.
-Tu dois y aller, chuchota Edward dans mon oreille devinant mes pensées.
Je devais y aller, oui. Mais comment résister à cette langue qui me caressait derrière l'oreille, me faisant frissonner ? Sans parler de ses dents qui me mordillaient le lobe et de sa main gauche qui me caressait le dos...
-J'y vais, me décidais-je dans un soupir.
Je déposais un dernier baiser sur les lèvres d'Edward et Jacob me prit dans ses bras longuement passant des mains le long de mes avant bras.
-Tu as son odeur, rit-il.
Je lui fis un second baiser sur la joue.
-Et voilà, on si me flaire, on pensera que c'est toi mon amant, ris-je. Fais attention si Félix vient ici pour te tuer.
J'éclatai de rire.
-Elle est incorrigible, rit Jacob.
-Mais très maligne, je tiens plus à ma vie qu'à la tienne ! S'esclaffa Edward en me faisant un clin d'½il.
Je franchis le seuil de la chambre et parti à vitesse vampirique jusqu'à la mienne. La dernière chose que j'avais entendue fut Jacob essayant de mettre un gifle à Edward mais taper le mur à la place, Edward ayant lu ces intentions dans ses pensées.
Je m'arrêtais devant « chez moi ». Il était là, Il m'attendait. Félix.


FÉLIX VOLTURI

Il fallait que je garde mon sang froid. Si, en théorie ca ne devrait pas être ardu, la réalité, métaphore exclue, n'était pas réellement du même acabit. Je l'avais flairée aller chez le chien. Sans trop savoir comment elle arrivait à supporter cette puanteur, j'étais revenu ici, me calmer. Elle arrivait à présent, je le sentais, je l'entendais. Elle prit une pose avant d'entrer mais finit par tourner le verrou. Je n'ai jamais su comment elle s'y prenait, mais le simple fait de la voir évanouissait en moi toutes mes craintes, toutes mes colères.
-Salut, dit-elle presque sur la défensive. Faut qu'on parle.
Je n'avais jamais aimé cette phrase.
Sans trop savoir si j'en avais envie, je me retrouvais près d'elle, l'enlaçant fortement. Elle m'avait manqué. Après quelques secondes je la relâchais et m'assis sur le lit, l'invitant d'un geste à commencer. Je lui aurais volontiers recommandé d'aller se faire couler une bonne douche pour l'odeur du chien, mais elle n'avait pas l'air d'excellente humeur.
Quand elle commença à parler, ses traits se tirèrent, signe d'une détermination farouche et d'un mauvais caractère qui reprenait le dessus, lequel me faisait tant fondre d'amour. Or, si j'aimais la voir énervée car elle en était d'autant plus jolie, je préférais quand cela survenait de mes propres taquineries. Par conséquent, ses mots ne me plurent guère.
-Tu ne tueras pas Edward.
Ma gorge grogna pour moi. Ca y était. Si elle commençait à le défendre, c'en était fini. Chelsea avait mal travaillé.
-Si. Et d'ailleurs le délai s'amenuise.
Ma voix avait claqué à seulement quelques décibels des cris. Je m'étais levé sans vraiment m'en rendre compte.
-Ne le défends pas, Bella.
-On aura besoin de lui en Russie.
-Baliverne.
Ses yeux se durcirent encore. Ses doigts si fins se serrèrent en un poing près à frapper bien qu'elle le laissa sagement le long de son corps.
-Félix, lâcha-t-elle d'une froideur destructrice. Touche-le. Vas-y, touche-le, frappe-le, tue-le. Tu ne me reverras plus. Et de toute manière, lui, ne te fera rien, Jacob s'en charge. Mais si tu l'attaque, je ne protègerais pas tes pensées.
Je grognais très fort et m'emportais au-delà de ce que j'aurais cru. Elle refusait de me protéger contre son Edward apparemment encore si précieux ? Bien. Je fus si rapide qu'elle ne me vit pas venir, et je la collais littéralement au mur, enserrant ses bras dans mes mains, me pressant contre elle. Bella restait stoïque, imperturbable. Son visage était légèrement tourné vers le côté, comme si elle souhaitait échapper une mauvaise odeur. Ma rage dû mouvoir elle-même ma main qui vient lui attraper le visage jusqu'à ce qu'elle me fasse face.
Un gémissement lui échappa à ce moment là. Cela brisa le silence. Cela me brisa le c½ur. Je lui avais fait mal.
-Excuse-moi, soufflai-je en reculant.
Elle ne dit pas mot. J'eus à peine le temps de la rattraper lorsque je vis son corps glisser contre le mur. Une fois dans mes bras, je la portais jusqu'au lit en m'excusant.
Muette, elle planta ses iris incandescent dans les miens.
-Épouse-moi, Bella, murmurais-je à genoux près du lit. Épouse-moi avant que l'on parte, et je ne lui ferais rien.
J'avais tellement peur qu'elle me laisse.
-Ce n'est pas une négociation, Félix. Je ne suis pas la pour subir ton chantage.
-Tu es injuste, fis-je, tu me fais du chantage, toi.
- Je suis désolée. C'est toi qui m'y oblige, expliqua-t-elle en détournant son regard. Tu me forces à faire cela. Je refuse de le voir mourir, Félix. Edward a fait partie de moi, tu ne peux pas faire cela.
Je partis sans me retourner, dégouté par cette vénération suintant de sa bouche quand elle avait prononcé « Edward ».


EDWARD CULLEN

Bella. Bella, Bella, Bella, Bella, Bella...
Bella me prenant dans bras, Bella m'embrassant, Bella et moi sur la plage, Bella m'embrassant encore, Bella empêchant Félix de me tuer, Bella présentement seule dans sa chambre...
Je ne peux pas. Je ne dois pas, surtout.
J'avais un ange et un démon faisant lutte en moi et tous deux se disputaient violement. Le démon me disait de réaliser mes désirs : aller la voir dans sa chambre et lui faire l'amour jusqu'à la mort qui m'attendrait surement au bout. L'autre, tentait vainement de lui rappeler l'accord d'indifférence qui devrait régner toute la semaine. Impossible, pensais-je.
-Tu me caches des choses, chantonna une voix. Je le sens.
Jasper était devant moi, accroupis à ma hauteur. Je souriais bêtement.
-Non, souris-je encore plus.
-Menteur.
-Je sais.
Il éclata de rire.
-Rosalie va te tuer si elle apprend cela.
-Si elle apprend quoi ? Feignis-je.
« Que tu as remis ça avec Bella. Ceci dit, je te souhaite mes plus sincères félicitations, tu n'as pas autant rayonné depuis cinq ans, même au soleil. » Pensa-t-il, railleur sur les bords.
Je grimaçais. Indifférence, bordel de merde ! Je devais paraître impassible, pas avoir la tête d'un con heureux comme la vision de Jasper me le démontrait.
-Jasper... je ne peux pas. Je dois paraître indifférent, cela ne fonctionne pas.
D'une voix sourde presque inaudible, je répondis à ses questions en lui expliquant la situation.
-Jazz, Alice t'attend en haut, je ne doute pas qu'elle m'étripera si je te retiens plus longtemps, dis-je ensuite avant qu'il eut pu me donner son avis.
Je voyais les pensées d'Alice. Des pensées lubriques, qu'en tant que frère j'aurais préféré ignorer.
Il m'adressa des pensées d'encouragement et un sourire d'excuse en partant rejoindre sa belle.
Démétri passa devant moi, quelques minutes plus tard. Interceptant ces pensées, je vis son indignation quant au départ précipité de son meilleur ami. Apparemment, Félix avait besoin de chasser pour se défouler, aussi il était partis fort loin de Volterra.
Je me levais et, à vitesse humaine, montait la dizaine d'étages jusqu'à la chambre de Bella. Le démon gagna empalant sa fourche dans le c½ur pur d'un ange désormais damné.
Je scrutais les pensées de tout à chacun, projetant mon esprit le plus loin possible, tentant de débusquer celui de Félix pour m'assurer de sa partie chasse. Une fois chose faite, je visualisais la jeune fille que Félix traquait, avec laquelle il s'amusait. Elle ressemblait à Heidi. Son inconscient amour pour elle était toujours vivant, aussi, tuer Chelsea semblait une fois de plus la meilleure solution.
Arrivée à la porte de Bella, je passai ma tête par l'encadrement sans me soucier de savoir si elle m'avait ou non entendu.
Mon odeur risquait de se répandre et alerter Félix.
-Bella ! Soufflai-je. Rejoins-moi.
Je refermai la porte et me dirigeai vers ma chambre, quelques mètres plus loin. Dieu, c'était risqué. Si jamais l'on se faisait prendre... Le petit démon m'ordonne de me taire. Ce que je fis.
Quand j'entrai, j'eus la surprise de découvrir qu'elle m'avait devancée et était étendue calmement sur mon lit, statue divine offerte à ma vision.
Elle se redressa en souriant. « Tu m'as manqué » pensait-elle.
Je pris soin de refermer la porte aussi doucement que possible malgré mes mains tremblantes – je perdais complètement mes moyens.
J'allai me retourner quand je sentis ses deux bras m'enlacer simultanément par-dessus mes épaules et sous mon bras. Me mordant le cou avant d'y déposer un baiser. Bella fit courir ses mains le long des muscles de mon dos, les retraçant. Je jouais à les contracter à plusieurs reprise et fit de même avec mes abdominaux lorsque ses mains s'attardèrent sur ces derniers. Nous étions entre homme et animaux, difficilement contrôlable. Cette tension entre nous était complètement surhumaine, telle deux aimants que l'on empêche de se coller en dépit de la force qui les lie. Nous étions plus de ces deux aimants, nous étions deux amants, éloignés par le destin, deux amants indissociable malgré tout. La mort n'avait même plus son mot à dire désormais. Juste l'éternité nous verrait errer à travers les siècles.
Les aimants, amants, enfin rassemblés ; nous nous lançâmes dans une danse sans pareille. Un duo merveilleux de corps à corps, une lutte pour la survie d'un désir qui ne faisait que s'accroitre.
Bella pouvait parler d'indifférence, bien sur. Je savais néanmoins en la sentant autour de moi, que cela était irréalisable. Il aurait fallu ne jamais s'être parlé, ne jamais s'être connu, pour être insensible à la proximité de l'autre. Et encore, lorsque nous ne nous connaissions pas, Bella était quand même attirée par moi et moi, réciproquement par elle. Indifférence ? Impossible. Inadmissible. Inconcevable. Autant pour nous que le fait même de le cacher aux autres. Et Marcus ? Ne détecterait-il pas nos sentiments ? Inimaginable.
La fin était proche. Mais je tentais tant bien que mal de ne plus y penser – je ne saurais rien faire d'autre pour arranger cela. J'étais totalement inapte à la rejeter pour son bien, j'avais besoin d'elle.
Mes mains durent se faire légèrement plus brutales sur son corps durant mes élucubrations, mais elle ne s'en plains pas. Elle appréciait. Je sentais la fin venir et mes digressions m'éloignaient une fois de plus du corps de Bella sans pour autant bouger de son cocon qu'elle m'offrait. Sans réaliser, en pleine jouissance, je la marquais au cou. Une morsure qui la fit gémir, une brûlure qu'elle me rendit à son tour dans mon propre cou aux moyens de ses dents aiguisées.
Le feu faisait vraiment mal. Je ne pouvais pas le nier. Mais, durant notre union charnelle, ces marques que l'on s'était faites symbolisaient la vérité : notre appartenance mutuelle éternelle.



FiN. Encore 4 chapitres (non rédigés...) avant l'épilogue.
Le chapitre 17 s'intitulera "Russie"
Merci pour votre patience <3

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#Posté le mercredi 21 octobre 2009 08:25

Modifié le jeudi 17 décembre 2009 18:11

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